Plus de 670 personnes ont découvert leur séropositivité durant les neuf premiers mois de l’année en cours, a indiqué la responsable du Laboratoire national de référence (LNR) du VIH-Sida à l’Institut Pasteur d’Alger, Pr Salima Bouzeghoub, à la veille de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre cette pathologie, le 1er décembre de chaque année. Depuis le 1er janvier et jusqu’au 30 septembre de l’année 2019, pas moins de 673 nouveaux diagnostics d’infection « VIH» (Virus de l’immunodéficience humaine), dont 385 hommes et 288 femmes, ont été recensés en Algérie. Le total cumulé au 30 septembre 2019, depuis le début de cette grave épidémie en 1985, a atteint le nombre, considéré par certains de plutôt menaçant, de 13 000 cas, 6 715 hommes et 5 468 femmes, et 817 de sexe non mentionné, selon le Laboratoire national de référence VIH/Sida. La prévalence de cette maladie n’est, pour l’heure, que de 0,1%. Réfutant ces chiffres bas, pourtant officiels, certains spécialistes appellent à une révision de la stratégie de dépistage à travers de nouvelles approches mieux adaptées. Selon un bilan du ministère de la Santé et de l’Onusida, le nombre de personnes infectées par le VIH, tous âges confondus, a atteint en 2018 quelque 1 300 cas, alors que le nombre de séropositifs frôle les 16 000 cas, dont 15 000 âgés de plus de 15 ans, 7 000 femmes et 8 300 hommes. Tandis que le nombre de personnes atteintes âgées entre 0-14 ans ne dépasse pas les 500 cas. Le taux de prévalence en Algérie chez les personnes âgées de 15 à 49 ans est estimé à 0,1% de la population, alors que le nombre de séropositifs au courant de leur cas est de 14 000 personnes, a conclu la même source.

Renforcement et diversification du dépistage
En matière de dépistage, la priorité a été la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie nationale d’élimination de la transmission du VIH. En matière de prévention, des interventions de proximité, en particulier envers les femmes en âge de procréer, ont été menées. Les inégalités entre les deux sexes augmentent la vulnérabilité au VIH Sida particulièrement chez les femmes. Selon le dernier rapport mondial sur l’écart entre les genres, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord détiennent la position la plus basse dans le score global de l’indice. Ils n’ont réduit que de 59% l’écart entre les deux sexes. Selon le rapport de l’Onusida, les nouvelles infections au VIH dans la région ont diminué entre 2010 et 2016 de 4%. Les nouvelles infections touchent davantage les femmes et les enfants. Les premières représentent 44% des adultes vivant avec le VIH. La couverture du traitement pour les personnes vivant avec le VIH est par ailleurs la plus faible au monde avec seulement 24% des adultes qui reçoivent un traitement antirétroviral (ARV). En Algérie, le taux de dépistage et le traitement restent faibles pour les femmes enceintes. Seulement 20% d’entre elles ont accès aux ARV. Compte tenu du contexte épidémiologique actuel, il est temps de réaffirmer les engagements régionaux et internationaux qui reconnaissent que la lutte contre les inégalités entre les deux sexes est essentielle pour mettre fin à l’épidémie du VIH. <