Alors que la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) rassure quant à la disponibilité de stocks en quantité suffisante de Lovenox, anticoagulant qui fait partie du protocole thérapeutique contre la Covid-19, les officinaux mettent encore une fois le doigt sur le dysfonctionnement affectant le marché du médicament dans le pays indiquant que cette substance est en «rupture» depuis plus de deux mois.
Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) indique que cette molécule importante et son générique Varenox, fabriqué localement, sont en rupture de stock depuis plus de deux mois. Pis encore, ce ne sont pas les seuls deux produits qui sont en rupture, regrette le président du syndicat, Messaoud Belambri, qui évoque «des situations de rupture qui reviennent à maintes reprises et mettant à mal le professionnel de santé et le patient».
Ce dernier fait savoir que des médicaments vitaux et fortement demandés par les patients ne sont plus disponibles dans les officines. «Cela concerne 300 dénominations communes internationales (DCI) qui font défaut dans les pharmacies, y compris le paracétamol», précise M. Belambri qui ignore les raisons de ces «ruptures répétées».
Le président du Snapo estime toutefois que le marché national n’est pas approvisionné en quantité suffisante, ce qui provoque ces ruptures et tensions sur des médicaments vitaux. «On acquiert des quantités qui ne répondent pas aux besoins du marché national du médicament», dit M. Belmabri, s’inquiétant ainsi que les patients soient privés de molécules importantes, notamment des anticoagulants, utilisés actuellement en association avec d’autres médicaments, comme «fluidifiant» sanguin pour les patients atteints de coronavirus.
Vendredi dernier, la directrice de la PCH, Fatima Ouakti, a annoncé la réception «prochaine» par la PCH d’une quantité de Lovenox, faisant savoir que la PCH dispose actuellement d’un «stock suffisant» en cette substance sur laquelle la demande a augmenté ces derniers jours. «La PCH recevra ultérieurement un deuxième lot de Lovenox, produit localement par un laboratoire national, ce qui contribuera à satisfaire les besoins des patients Covid-19 au niveau des établissements hospitaliers et des officines», a-t-elle souligné.
«Ce serait bien que la PCH prenne des mesures pour acquérir ces médicaments et les mettre sur le marché», dit le président du Snapo qui explique qu’il ne sait pas à partir de quelle date ce médicament sera mis sur le marché. Si le président du Snapo pointe d’un doigt accusateur les grossistes qui imposent aux pharmaciens la vente concomitante ainsi que l’acquisition de petites quantités, la directrice de la PCH renvoie, de son côté, la pénurie sur le marché au fait que certains médecins et pharmaciens achètent ce médicament pour le stocker. Ce qui ne devrait pas laisser de marbre la tutelle dans ce contexte d’urgence sanitaire. n