Le recul du taux de vaccination, notamment les deux «R», rubéole et rougeole, de près 100% à moins de 20% a commencé à dévoiler les déficiences et les carences d’un système de santé bien malade par manque de confiance de l’Algérien envers les différentes vaccinations.

Pour rappel, une défiance très forte s’est installée dans l’esprit des parents devenus soudain… allergiques à la vaccination, oubliant que c’est grâce à cette dernière qu’ils ont pu se défaire de la tuberculose, de la polio et de bien d’autres maladies virales qui ont été classées, depuis, dans les pipettes de l’histoire.
Malheureusement, des rumeurs malsaines et infondées ont eu raison des efforts titanesques fournis par l’Etat lors des années 1970. Des maladies qu’on croyait «exterminées» refont leur apparition, après les réticences contre la vaccination, puis son boycott, carrément. «Les vaccins ramenés de Grande-Bretagne contiennent un virus mortel». C’est le début de la suspicion puis d’une panique qui a remis en cause les acquis sanitaires enregistrés. Les enfants ne voulaient plus se faire vacciner croyant passer l’arme à gauche après l’inoculation des différents vaccins. Des parents ont même mis leur progéniture en vacances forcées quand quelques directeurs de l’éducation ont voulu faire vacciner «de force» quelques récalcitrants. Le manque de communication a fait le reste.
Mais nous pouvons affirmer que ce qui a achevé, vraiment, la vaccination a été le fameux document remis à quelques parents qui devaient le parapher et assumer après la vaccination de leurs enfants en cas de… problèmes fatals !
Dès lors, c’était la peur panique et le délire collectif, accentués par des médecins, des vrais, qui ont «décrété» la vaccination inutile et dangereuse.
Les directeurs de la santé ont bien essayé de rattraper le coup en organisant des campagnes de vaccination après la rentrée de septembre. Mais la période choisie, les vacances d’automne et l’absence totale de communication et de réconfort des élèves et des parents ont fait qu’un second flop a été enregistré.
Pour exemple, la wilaya de Constantine qui avait un taux de vaccination de 30% au mois de juin 2017, n’a pu grimper après la rentrée scolaire qu’à moins de 20%.
«A moins de 90%, toute vaccination est inutile et ne peut empêcher la propagation des maladies virales contagieuses.»
C’est la sacrosainte loi des vaccinations qui, malheureusement, ne trouve pas de terrain propice pour s’implanter, depuis presque trois ans.
Les conséquences, qui commencent à être désastreuses, ne se sont pas fait attendre puisque des cas de mortalité ont été enregistrés au niveau de plusieurs wilayas, notamment El Oued avec le décès de 10 personnes et plus de 700 cas parmi les nomades dans la wilaya.
A Constantine, si la tuberculose a été fatale à une infirmière de 23 ans, il y a quelques mois, infectée et affectée par une malade au niveau du service d’infectiologie du CHU, cette fois, les services de la Santé et la direction de l’Education ont sonné l’alerte après la découverte de 5 cas de rougeole, parmi des élèves d’une école primaire à l’UV n°25 à la ville nouvelle Ali-Mendjeli. La direction de l’Education a désigné des éléments du service de l’unité de dépistage scolaire (UDS) pour prendre les mesures qui s’imposent, afin de faire face à la situation et la prise en charge des élèves malades par les structures de la santé, après leur interdiction des bancs d’école jusqu’à leur totale guérison.
Il y a lieu de signaler que les cas cités plus haut ont été détectés à temps, mais que la certitude qui suit la suspicion arrive souvent en retard quand le virus s’est déjà propagé.H. B.