Le dossier de demande d’agrément de la Fédération Nationale des Syndicats de la Santé (FNSS) a été récemment déposé au niveau du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a-t-on appris de bonne source.

Par Sihem Bounabi
A l’origine de cette initiative, cinq formations syndicales fondatrices de la Fédération. Il s’agit du Syndicat des Infirmiers Algériens (SIA), du Syndicat National Autonome des Auxiliaires Médicaux en Anesthésie et en réanimation (SNAAMARSP), du Syndicat National des Médecins Généralistes de Santé Publique (SNMGSP), du Syndicat National des Professeurs de l’Enseignement Paramédical (SNPEPM) et, enfin, du Syndicat National des Praticiens Spécialistes de la Santé Publique (SNPSSP). Selon le docteur Mohamed Yousfi, président du SNPSSP et militant syndicaliste réputé du secteur de la santé publique, le dépôt du dossier d’agrément pour la création d’une Fédération, afin de se conformer à la nouvelle législation nationale en matière d’activité syndicale, «est une étape très importante». «Je dirais même qu’elle est historique car c’est la première fois que des syndicats autonomes de la santé publique parviennent à fédérer leurs structures respectives», a-t-il encore dit à Reporters. «C’est quelque chose qu’on attendait depuis trente ans», a ajouté le médecin syndicaliste qui a signalé que l’ensemble des adhérents des cinq syndicats fondateurs de la Fédération ont été informés. Une procédure réglementaire dictée, a-t-il expliqué, par les «dispositions de la Loi n° 22- 06 du 25 avril 2022 modifiant et complétant la loi n° 90-14 du 2 juin 1990 relative aux modalités d’exercice du droit syndical».
Avant le dépôt d’agrément pour militer sous le sceau fédératif, les syndicats concernés ont dû réunir leurs conseils nationaux et valider la modification de leurs statuts pour travailler désormais au sein d’une coalition intersyndicale «ouverte à tous les syndicats de la santé» désireux de la rejoindre et qui «respectent la déontologie et agissent pour la solidarité syndicale», a encore expliqué le docteur Yousfi. Il a tenu à rappeler que le syndicat qu’il préside, le SNPSSP, avait appelé, dès sa création en 1993, à la création d’une fédération des syndicats de la santé, rappelant qu’en 1994 une tentative de mettre au jour cette union n’a pas réussi. Au vu du contexte de l’époque, on peut le comprendre. Sur la nécessité de dépasser le cadre actuel de militance syndicale, structuré en intersyndicale, le docteur Yousfi a estimé que «ce cadre-là est aujourd’hui dépassé parce qu’il n’est plus reconnu par la loi syndicale» dans le pays. «Certes, le travail en intersyndicale était important et très utile en tant qu’espace de concertation et de coordination, mais nous devions à chaque fois faire des acrobaties pour coordonner nos actions parce que légalement si on devait mener une action de protestation ou un mouvement de grève, il fallait que chaque syndicat fasse son conseil national et dépose son préavis de grève chacun à part. Car ensemble dans l’intersyndicale on n’était pas reconnus en tant qu’entité syndicale».

Défendre les intérêts des professionnels
Le président du SNPSSP estime toutefois que malgré les contraintes et les difficultés administratives, des luttes importantes ont été menées au fil des années. Ce sont ces luttes qui ont animé l’ensemble des syndicats à se constituer en fédération, cet objectif a toujours au programme du SNPSSP, a-t-il plaidé, jugeant que la création de ce groupement intersyndical «s’impose (…) face aux défis auxquels font face les professionnels de la santé en ce moment de mise en place de la réforme et de l’annonce de la révision des statuts particuliers et «face aux conditions socioprofessionnelles qu’ils endurent tous les jours».
«L’objectif principal est d’être l’interlocuteurs légal des pouvoirs publics que cela soit le ministère de la Santé, le gouvernement où la Fonction publique pour représenter les professionnels de la santé», poursuit le médecin syndicaliste qui parle également d’une «force de proposition et de concertation pour défendre les intérêts des professionnels de la santé à tous les niveaux». Docteur Yousfi insiste à ce sujet pour alerter sur le fait qu’en dépit des recommandations et des instructions au plus haut niveau de l’Etat, «le dialogue a été rompu d’une manière unilatérale par la tutelle» et «c’est une situation qui ne peut pas continuer», a-t-il prévenu. «Il est nécessaire que ce dialogue reprenne entre les partenaires sociaux et le ministère de la Santé dans un esprit de respect et de transparence pour l’intérêt du système de santé», a-t-il souhaité, soulignant «le fait que les gestionnaires et les administrateurs du secteur sont censés créer les meilleures conditions de travail pour le personnel et pour une prise en charge optimale des malades». «La condition la plus importante pour réaliser cela est l’instauration d’un dialogue serein, transparent et constructif», a-t-il conclu.