A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid a annoncé plusieurs décisions pour améliorer la prise en charge mentale en Algérie.

Par Sihem Bounabi
Il s’agit notamment du lancement, dès novembre 2021, d’un site multisectoriel dédié aux personnels et praticiens spécialistes de la psychologie de l’enfant, la mise en pratique d’un traitement substitutif pour le traitement de l’addiction, initié dans deux centres pilotes et son prolongement à six nouveaux centres au début de l’année prochaine. Le ministre de la Santé a également annoncé la mise en œuvre effective du plan national de promotion de la santé mentale qui a connu un retard à cause de la pandémie. Ces annonces ont été faites en présence des représentants de l’OMS, de l’Unicef et des hauts cadres du secteur.
Le ministre de la Santé, lors de la célébration de cette journée spéciale dédiée à la santé mentale, a rappelé les efforts fournis par l’Etat et les engagements pris dans le sens de garantir le droit du citoyen à la santé mentale. Il a souligné que l’Algérie, dont la Constitution garantit le droit à la santé mentale à tous ses citoyens, a ratifié la déclaration politique de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, de 2011. L’Algérie a aussi adopté le plan d’action global pour la santé mentale 2013-20 mis en œuvre par l’OMS.
Le ministre a également souligné que la loi sur la santé, promulguée en 2018, et le plan national de promotion de la santé mentale 2017-20 comme étant deux grands acquis, du fait que la loi citée dicte aux services de santé la mise en place et l’exécution de programmes de prévention des troubles mentaux, alors que le plan national de promotion de la santé mentale, qui englobe une multitude d’axes stratégiques, permet, quant à lui, la mise en place d’une stratégie globale allant dans le sens de la coordination entre la promotion, la prévention, le traitement et la réadaptation.
Toutefois, le ministre a reconnu que la prise en charge de la santé mentale en Algérie devrait encore s’améliorer notamment par rapport à la mauvaise perception sociale des malades mentaux, la difficulté d’accès aux soins mentaux, la limitation de la prise en charge des maladies mentales aux seuls hôpitaux psychiatriques qui réduit les efforts engagés pour la prise en charge continue des malades, surtout pour les cas chroniques. Il souligne également la nécessité du renforcement de la coordination multisectorielle dans le domaine de la santé, à l’instar de ce qui est réalisé dans les milieux scolaires et les prisons.

«Covid-19 et l’accompagnement psychologique»
Dans le contexte de cette journée spéciale, placée cette année sous le thème de «Covid-19 et l’accompagnement psychologique», le ministre de la Santé a rappelé les mesures prises récemment dans le cadre de la prise en charge psychologique des citoyens et des personnels du secteur de la santé impactés par la Covid-19. S’agissant des effets psychologiques de la Covid-19, le ministre a rappelé que, dès mars 2020, des instructions ont été données pour réadapter les protocoles de prise en charge des malades souffrant de troubles psychiques. A cette effet, le 20 avril dernier, un système d’accompagnement psychologique a été adopté et une instruction ministérielle a été donnée aux walis et au DSP de mettre en place un système national multisectoriel d’accompagnement psychologique. Le ministre de la Santé à lancé un appel à « la mobilisation de tous », notamment « le secteur de l’information, qui aura un rôle cardinal dans la sensibilisation et la promotion de la politique de prise en charge de la maladie mentale ».