Le nombre de malades transférés pour des soins à l’étranger est passé de 13 000, en 2001, à moins de 300 en 2019. Durant l’année écoulée, 240 patients ont bénéficié de soins à l’étranger. En 2014, ils étaient plus de 1 400 malades à bénéficier de ces transferts, selon le professeur Rachid Bougherbal, lors d’une rencontre lundi sur les transferts pour soins à l’étranger, organisée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur un dossier à l’ordre du jour depuis le début de la décennie 2000 avec le souci de réduire au maximum les transferts de malades algériens vers des structures de soins à l’étranger et mobiliser l’argent dépensé pour équiper en moyens humains et matériels les hôpitaux et cliniques en Algérie. «Bien que certaines pathologies, à l’instar du cancer de l’œil chez l’enfant, soient prises en charge au niveau du Centre hospitalier universitaire Mustapha-Pacha, d’autres maladies, comme les cardiopathies, la scoliose, la greffe de foie et de la moelle osseuse chez l’enfant, outre certains types de cancer, nécessitent encore un transfert pour soins à l’étranger», a fait savoir le professeur Boughorbal. Ce médecin, qui figure parmi les sommités médicales dans notre pays, préconise de travailler sur deux pistes, la première consiste à élargir la liste des hôpitaux étrangers conventionnés avec l’Algérie pour réduire la facture des soins. La prise en charge de la greffe de foie chez les enfants par des hôpitaux espagnols et turcs, a-t-il fait savoir, revient moitié moins chère que dans les autres hôpitaux européens par exemple. La deuxième est d’encourager la coopération médicale en Algérie et de constituer des équipes multidisciplinaires dont la compétence et le savoir-faire pourraient s’avérer utiles pour éviter des transferts à l’étranger de patients susceptibles d’être soignés sur le sol national. C’est par exemple le cas pour les cardiopathies congénitales non complexes sauf que leur prise en charge se heurte à la rareté des dispositifs médicaux nécessaires.
En d’autres termes, ces matériaux importés par la PCH sont «hors de prix» et met à mal le conventionnement entre la Caisse de sécurité sociale (CNAS) et les cliniques privées qui soignent ces cardiopathies. Cette deuxième piste qui consiste à atteindre un «consensus thérapeutique» sur les cas incontournables de transferts à l’étranger devra permettre d’ouvrir aussi le débat sur la «nécessité de répartir le budget de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) selon les maladies les plus répandues dans le pays, au lieu d’en consacrer 60% uniquement au cancer et de négliger d’autres pathologies».

Réactivation des commissions spécialisées
L’objectif de la rencontre, a fait savoir Abderrahmane Benbouzid, est de poursuivre l’effort qui consiste à réduire au maximum le transfert des Algériens vers des hôpitaux étrangers pour leurs soins. «Les pouvoirs publics sont en mesure de relever ce défi grâce à la mobilisation de toutes les compétences nationales et d’un matériel médical de pointe», a déclaré le ministre. «Un défi qu’on pourra relever grâce aux capacités humaines et matérielles dont dispose l’Etat, outre le recours aux compétences étrangères, à même de réduire les dépenses qui, au lieu de profiter aux pays d’accueil des malades algériens, serviront à renforcer les services, mieux les équiper et organiser des formations tout en maintenant la coopération avec les pays vers lesquels nos malades sont adressés», a ajouté M. Benbouzid.
Le ministre a parlé de la nécessité d’«une stratégie nationale unifiée» qu’il s’agira de mettre en place «parallèlement à la réactivation des commissions spécialisées gelées» qui devront se prononcer à nouveau sur le dossier. A l’ordre du jour, l’identification des pathologies les plus pourvoyeuses de transfert à l’étranger et débattre des perspectives de réduction de ces transferts. Le ministre a rappelé que certaines maladies nécessitaient encore le transfert de patients à l’étranger comme les cardiopathies congénitales complexes, certaines formes de scoliose chez les enfants, la greffe de foie et certains types de tumeurs. <