Comme chaque année, la « société algérienne de néphrologie, dialyse et transplantation » organise depuis hier et jusqu’à aujourd’hui, 11 novembre, son congrès national de néphrologie. Ce rendez-vous annuel regroupe des médecins spécialistes des maladies du rein, des étudiants ainsi que différents opérateurs de la santé et de l’industrie pharmaceutique. Il a pour objet de faire le point sur les pathologies rénales en Algérie et de regrouper des spécialistes du monde entier à des travaux de partage et d’échange sur le savoir et la technologie médicaux dans ce domaine de la médecine.

Cette année, plusieurs sommités ont fait le voyage d’Alger à l’exemple du professeur Daniel  Bichet, néphrologue et chercheur au centre de recherche de l’Hscm de Montréal, du professeur Georges Mourad, professeur de Néphrologie à la Faculté de médecine de Montpellier, ou du professeur Claude Martin de la faculté de médecine de Marseille.
Selon le président de la Société algérienne de néphrologie, le professeur Mustapha Hammouche de l’hôpital Lamine-Debaghine (ex-Maillot) de Bab-El-Oued, «la présence de spécialistes mondiaux dans le domaine de la néphrologie (à son congrès Ndlr) permet aux médecins ainsi qu’aux étudiants en médecine algériens d’avoir un contact direct avec des médecins réputés pour leurs travaux de recherche dans le domaine de la néphrologie ». Elle permet également de faire de l’Algérie un pays de débat international sur l’évolution de la discipline ainsi que des technologies qui la font progresser. Une caractéristique d’autant plus louable que les pathologies liées au rein dans notre pays sont « en constante progression », en raison notamment du « vieillissement de la population » : plus de deux millions d’adultes sont aujourd’hui atteints de maladies du rein avec 1 000 nouveaux cas chaque année, indique le professeur Hammouche. Pour les enfants atteints de troubles rénaux, les chiffres demeurent encore imprécis.
Le président de la société algérienne de néphrologie souligne par ailleurs que même si la prise en charge des malades « s’améliore chaque année, il s’agit de combler le retard accumulé notamment en matière de transplantation ». L’effort à poursuivre, ajoute le professeur, concerne le don d’organes qui continue d’être freiné « non pas par des considérations religieuses mais davantage par des réflexes sociaux et culturels», la pratique étant licite. «Sauver un homme, c’est sauver toute l’humanité », disent tous les faqihs, rappelle M. Hammouche qui appelle à « l’encouragement et à la génération du don d’organes. Il ajoute qu’il y a nécessité de relancer le travail de sensibilisation dans un cadre organisé, en rappelant aux rétifs au don d’organes que « chacun de nous peut tomber malade et se trouver dans le besoin d’une greffe». D’après les estimations de la société algérienne de néphrologie, le coût global de la prise en charge des pathologies rénales avoisine les 400 millions de dollars par an. Un patient seul revient à 140 millions de centimes de dinars par an sans compter le coût social et familial de sa maladie.