Le nombre de patients pris en charge à l’étranger pour les maladies cardiaques a diminué de 90% en dix ans. C’est ce qu’a déclaré, hier, le directeur général de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas) à l’occasion de la 2e journée scientifique de la Clinique médico-chirurgicale infantile (CMCI) à Bou Ismail.

Tidjani Hassan Heddam a expliqué cette baisse par la réussite du programme du gouvernement de maîtrise des coûts et de limitation des transferts de la devise. Il a mis en avant la modernisation de la CMCI, soulignant que l’Algérie a fait venir pour le partage d’expérience et du savoir-faire des médecins étrangers qualifiés avec du matériel technologique de pointe dans le domaine de la chirurgie cardiaque.
Le responsable a également déclaré que des conventions ont été signées avec 18 cliniques privées pour la prise en charge des malades. Il a ensuite rappelé que la prise en charge de ces malades a coûté à la Caisse plus de 3,5 milliards de dinars, sachant que même les patients n’ayant pas d’assurance peuvent bénéficier des soins à la CMCI.
Ainsi plus de 10 000 malades ont été pris en charge en 2017 par la CMCI et les cliniques privées.
La CMCI a traité durant l’année dernière plus de 1 000 malades dont 60% ne sont pas des assurés. Présent à la journée, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a indiqué que le gouvernement a lancé une dynamique de développement global visant à fournir les conditions d’une meilleure prise en charge des malades.
Selon Mourad Zemali, la Clinique de Bou-Ismail est « le seul établissement public qui prend en charge les enfants atteints d’une déformation cardiaque. Elle permet, selon lui, de leur offrir « un traitement sanitaire spécialisé de qualité » et « diminue les transferts à l’étranger ». Le ministre a fait savoir que la CMCI est passée de 361 patients traités en 2000 à 1 261 en 2016, alors qu’elle a pris en charge, depuis 1990, près de 15 000 enfants malades.
En 2017, 895 enfants atteints de cardiopathies congénitales y ont été soignés, dont 588 par cathéter et 307 par chirurgie.
Il a indiqué que l’objectif du gouvernement est de faire de cette clinique « une référence » dans sa spécialité. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’adopter une politique de « rationalisation des dépenses sans porter atteinte au droit des citoyens de bénéficier d’un traitement de qualité ». Pour sa part, le ministre de la Santé, également présent à la journée, a fait remarquer que l’Algérie a fait beaucoup de progrès dans la prise en charge des malades cardiaques notamment adultes. Mais il a reconnu que « beaucoup de choses restent à faire dans la prise en charge des nouveau-nés. Le ministre a insisté sur « la nécessité de partage d’expérience avec les étrangers ».
En marge de cette journée, le professeur Ly Mohamed, du centre chirurgical Marie-Lannelongue de Paris, a fait savoir que la signature de la convention avec l’Algérie ne vise pas seulement le transfert des malades, mais aussi « une remise à niveau de centre de Bou-Ismail pour arriver à son autonomisation par un travail permanent avec son personnel. Selon le professeur Ly, des formations de perfectionnement seront destinées au personnel de la clinique dans le cadre de la remise à niveau et d’échange Nord-Sud. Le Pr. Ly a fait savoir qu’il y a « toujours une nécessité de transférer les malades, voire la complexité des interventions notamment la chirurgie pédiatrique. Relevant de la Cnas, la CMCI est un établissement hautement spécialisé dans la prise en charge médico-chirurgicale d’enfants atteints de cardiopathie congénitale depuis 1982. Cette clinique est passée de 361 patients en 2000 à 1 261 en 2016, soit un taux de croissance annuel moyen de 08%. Environ 15 000 enfants ont été pris en charge depuis 1991 (chirurgie et cathétérisme). 895 enfants ont été pris en charge durant l’exercice 2017, dont 588 patients par cathérisme et 307 patients par chirurgie cardiaque. La clinique a lancé une opération de réaménagement basée sur la mise à niveau du cadre environnemental, renouvellement et renforcement du parc d’équipement médical, renforcement des mesures d’hygiène hospitalière, informatisation des procédures de travail et développement des performances.