En grève illimitée depuis dimanche dernier, les médecins résidents prévoient de rencontrer le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière demain mercredi. C’est à l’initiative du ministre du secteur, Mokhtar Hasbellaoui, que cette rencontre aura lieu. L’objectif, apprend-on de bonne source, est de parvenir à un accord de conciliation entre les deux parties.

D’ici là, on apprend également que le mouvement de grève des médecins résidents est rejoint, depuis hier, par les étudiants en pharmacie et en chirurgie dentaire, deux autres corps médicaux qui ont observé des mouvements de protestation en début d’année avec des revendications portant sur l’amélioration des conditions de formation et l’employabilité des nouveaux diplômés.
Selon un délégué du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), le taux de suivi de leur mouvement de grève aux premier et deuxième jours a atteint les 80%. La majorité des centres hospitalo-universitaires du pays ont ainsi été quasi paralysés par cette grève et de très nombreuses structures concernées ont dû ajourner les rendez-vous des interventions chirurgicales à des dates ultérieures, sauf lorsqu’il s’agit de cas d’urgence. Les médecins résidents grévistes se disent « désolés » d’avoir radicalisé leur mouvement de protestation, mais ils affirment n’avoir pas eu d’autres solutions que leur recours à l’arrêt de leur activité. Le collectif qui les représente, le Camra, affirme être passé par toutes les étapes de négociation et de dialogue avec la tutelle, mais sans résultat. 
Le rendez-vous prévu par ce collectif avec le ministre, demain mercredi, devrait servir de test pour le Camra qui a décidé d’aller jusqu’au bout de sa logique revendicatrice. S’il obtient gain de cause, il aura remporté une manche sociale importante, voire historique, en ce qui concerne les luttes syndicales dans le secteur de la médecine et de la santé plus largement. S’il échoue, il aura à poursuivre un mouvement inscrit dans la durée et donc menacé par l’usure et l’épuisement. 
Au premier jour de la grève, et en dépit de son succès, le constat sur le terrain est que plusieurs médecins résidents n’ont pas jugé utile de cesser le travail. Certains ont affirmé qu’ils ne pouvaient pas le faire en raison du « service minimum » qu’ils doivent garantir.
D’autres ont considéré plus franchement qu’ils n’étaient pas convaincus de l’utilité de la grève illimitée pour faire pression sur la tutelle et se faire entendre.
Pour rappel, le Camra a organisé, depuis le 14 novembre dernier, une grève cyclique de deux jours chaque semaine à travers tous les CHU du pays, avec des rassemblements au sein des établissements de santé. Une réunion a été organisée entre le Camra (22 délégués) et le ministère de la Santé pour trouver une sortie de crise, mais cette réunion est restée sans suite malgré la promesse du ministre d’installer trois commissions. La première est chargée de discuter du statut particulier, la seconde concerne le service civil et la dernière devant se pencher sur les revendications pédagogiques.
Les revendications des résidents sont d’ordre socioprofessionnel et pédagogique. Ils réclament l’amélioration de leur conditions de travail avec notamment, l’abrogation de l’obligation du service civil qu’ils considèrent comme « anticonstitutionnel ». Les résidents trouvent que la révision du service civil n’apportera aucun changement à la situation. Les médecins revendiquent également de bénéficier d’exemption du service national comme tous les jeunes algériens qui ont des raisons particulières comme des maladies, un soutien de famille et ceux nés avant 1987.
Concernant les problèmes pédagogiques en rapport avec leur formation post-graduation, les membres de Camra se sont montrés satisfaits du résultat du dialogue avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.