Le mouvement de protestation des médecins résidents s’est poursuivi hier avec la même vigueur que durant les jours précédents. Les blouses blanches ont, une nouvelle fois, montré leur détermination à faire aboutir leurs revendications.

Ils ont à la fois manifesté aux abords des facultés de médecine ainsi que dans les centres hospitalo-universitaires à l’exemple du CHU Mustapha-Pacha d’Alger devenu l’épicentre de leur contestation. Outre les rassemblements signalés également ailleurs dans le pays, ces médecins résidents ont boycotté, comme ils l’ont annoncé, l’examen du Diplôme d’études médicales spécialisés (DEMS). Ainsi les 169 futurs docteurs spécialistes en pédiatrie ont répondu à l’appel du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) et déserté les salles d’examen. Tous ceux qu’on a rencontrés hier à Alger ont affirmé leur « détermination » à poursuivre le boycott de ces examens qui doivent se tenir jusqu’au 31 janvier à un rythme de deux épreuves par jour. « Il a fallu que les résidents soient tabassés pour que les choses avancent», a réagi une résidente à l’adhésion massive de ses confrères au mouvement de colère. Elle se trouvait parmi les dizaines de médecins résidents qui se sont regroupés au CHU Mustapha-Pacha, soutenus par de très nombreux étudiants de différentes spécialités telles la pharmacie et la chirurgie dentaire. Pendant la matinée, ces protestataires ont organisé un sit-in à la faculté de médecine d’Alger (Laperrine) où l’examen de DEMS devrait avoir lieu. Ils ont d’abord manifesté devant le bâtiment de la faculté avant de rejoindre leurs confrères et consœurs résidents au CHU Mustapha-Pacha pour leur montrer leur solidarité et leur soutien devant cette situation «inquiétante » selon eux. Les grévistes interrogés par Reporters ont tous assuré « garantir le service des gardes et des urgences ». Ils estiment néanmoins qu’en dépit du respect de la loi et de la règle du service minimum, la situation, déjà tendue, peut atteindre des proportions critiques s’il n’y a pas d’issue au conflit à l’horizon. Des maitres-assistants que nous avons rencontrés se plaignent de « la lourde charge supplémentaire» qui s’est abattue sur leurs épaules « alors que le service était déjà difficile à gérer avant la grève ». Certains, selon les témoignages recueillis sur place, sont allés jusqu’à menacer de « sanctions pédagogiques » les médecins grévistes qui souhaitent que l’élan de solidarité exprimé se poursuive et qu’il concerne toutes les «franges de la profession». « Nos revendications sont légitimes », s’écriera à ce sujet un médecin résident gréviste. Pour les observateurs, la semaine s’annonce déterminante pour l’avenir du mouvement et tous les regards seront braqués sur la « marche nationale » devant avoir lieu demain à Oran, Alger étant interdite aux défilés et protestations publics. D’après nos sources, les médecins résidents vont observer un sit-in au sein Centre hospitalo-universitaire d’Oran avant d’entamer une marche vers le siège de la wilaya sur une distance de plusieurs kilomètres, celle séparant les quartiers des Plateaux de ceux de Bel Air, pour ceux qui connaissent la métropole de l’Ouest algérien. Souhaitant une véritable démonstration de force, le Camra a appelé tous les médecins résidents des quatre coins du pays à participer à cette action, qui se veut, selon une source du collectif, comme un geste de « détermination », de « solidarité» et d’« indignation » après les « violences subies » par les médecins grévistes le 3 janvier dernier au CHU Mustapha-Pacha. Un recours à la justice est prévu, a-t-on déjà informé. Pour ceux qui n’ont pas la possibilité de se déplacer jusqu’à Oran, le Camra les invite à se rassembler mardi matin au CHU Mustapha. Selon le Camra, les revendications des résidents sont « légitimes » notamment l’abrogation de l’obligation du service civil, le service militaire et d’autres revendications socioprofessionnelles et pédagogiques qui, selon eux, sont « réalisables ».