PAR MILINA KOUACI
Après une courte accalmie imposée par la conjoncture sanitaire, l’Union nationale des personnels de la santé publique (UNPSP) remet au goût du jour ses revendications socioprofessionnelles et brandit la menace de grève.
Exerçant sous l’égide du Syndicat national autonome des personnels de l’administration (Snapap), l’UNPSP compte, en effet, se réunir en conseil extraordinaire dans les meilleurs délais dans le but «d’étudier les différentes formes de protestation à adopter» si leurs revendications restent en suspens, écrit le syndicat dans un communiqué rendu public. Cette organisation syndicale exige de sa tutelle de prendre les mesures nécessaires «pour la concrétisation des promesses du Président concernant le calcul de la période Covid-19 dans le régime de la retraite ainsi que l’assurance complète pour l’ensemble du personnel de la santé publique et de traiter les corporations du secteur sur un pied d’égalité comme une seule famille, car ils sont exposés aux mêmes dangers et font face aux mêmes défis et risques».
Ils exigent l’amélioration des conditions de travail au niveau des établissements ainsi que l’élaboration immédiate du statut particulier et du régime indemnitaire des différents corps pour «une meilleure prise en charge de leurs carrières». L’UNPSP appelle à la «réduction» de la durée de formation de certaines spécialités compte tenu de la «grave pénurie du nombre de paramédicaux et agents de service, qui affecte l’amélioration des services rendus aux citoyens».
«Le ministère de tutelle est appelé à prendre les mesures qui s’imposent pour combattre la marginalisation de certains personnels de la santé», ajoute la même source, en citant pour exemple, les agents de service et les agents contractuels. Le syndicat réclame, sur un autre volet, «la vaccination des familles du personnel de santé».
Contrairement à l’UNPSP, la Coordination nationale des fonctionnaires de la santé, exerçant sous l’égide du Syndicat autonome des fonctionnaires de la santé publique (Safap), préfère s’impliquer davantage dans la campagne de sensibilisation et de lutte contre le coronavirus et de reléguer ses revendications socioprofessionnelles en second plan. «La situation est peu reluisante dans le secteur et les travailleurs sont sous pression. Dans ces conditions, nous sommes passés des revendications socioprofessionnelles aux campagnes de sensibilisation contre le coronavirus pour préserver nos vies», indique Badredine Koulaibi, président du Safap.
«Cette crise sanitaire implique l’entraide et la solidarité entre tous les acteurs du secteur, la société civile et les autorités publiques», ajoute le président du Safap. Ce dernier revient sur le manque «cruel d’oxygène médical». «Ce qui est rapporté sur les réseaux sociaux par les travailleurs du secteur, les syndicats et les citoyens n’est pas un mensonge ou de l’amplification, mais une triste réalité», dit M. Koulaibi, à l’adresse du ministre de la Santé et du président de la République. Il recommande au ministre de tutelle d’effectuer des visites d’inspection dans les structures de santé afin de voir les conditions de travail et la situation des hôpitaux et ne pas se contenter des «rapports» qui lui parviennent des responsables du secteur. <