Le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) renoue avec le mouvement de grève, dès aujourd’hui et pour trois jours, afin d’exiger que ses revendications soient prises en charge par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, a-t-on appris de Lounès Ghachi, président du SAP.

Ce dernier a dit avoir lancé un appel aux « 90 000 adhérents du syndicat afin de se joindre pleinement à cette action et faire valoir leurs doléances ».
Le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, a d’ores et déjà réagi à la veille de ce débrayage en invitant les paramédicaux à une réunion de conciliation qui devait se tenir samedi. Une invitation qui n’a pas dissuadé les paramédicaux quant à leur mouvement de grève. Au contraire, ils maintiennent leur mot d’ordre, tout en affirmant que le syndicat est prêt à aller jusqu’au bout de la lutte syndicale afin d’exiger une « prise en charge réelle de ses préoccupations », ajoute M. Ghachi. Selon ce dernier, « la réunion qui s’est tenue samedi s’est terminée sans le satisfecit du SAP, qui a décidé de reconduire son mouvement de grève les 15, 16 et 17 du mois en cours, jusqu’à satisfaction de sa plate-forme de revendications socioprofessionnelles ». Ce que le SAP demande, entre autres, est la « révision du plan de carrière des paramédicaux et des sages-femmes par leur nomination à des postes de responsabilité, comme à la sous-direction des activités paramédicales et à la sous-direction des services sanitaires ». Le syndicat réclame également le maintien du système LMD de formation des paramédicaux, de même qu’il déplore le manque de moyens humains et matériels dans tous les établissements de santé publique. Il revendique par ailleurs l’inscription des paramédicaux dans la liste des métiers à haute pénibilité, et ce, pour bénéficier du droit de départ à la retraite anticipée. Enfin, ils exigent leur repositionnement dans la nouvelle grille salariale.
D’autre part, à travers leur action, les paramédicaux réclament le renforcement des mesures de sécurité dans tous les établissements de santé publique car ils disent subir des agressions régulièrement de la part des patients ou de leurs accompagnateurs. Sur un autre volet, le syndicat exige de « respecter les libertés syndicales ».
De son côté, le ministre de la Santé, M. Hasbellaoui, réitère que le dialogue reste « ouvert et permanent » avec les syndicats du corps médical pour trouver « des solutions idoines » aux différentes revendications soulevées.
Pour rappel, le SAP avait déjà organisé un mouvement de grève les 8 et 9 janvier, largement suivi à travers le territoire national avec un taux d’adhésion de 80%, selon le président du syndicat.