La vaccination contre la Covid-19 a permis de réduire sensiblement le nombre de décès et des cas graves d’où la nécessité de poursuivre les efforts entrepris dans ce domaine, a indiqué samedi à Oran, Mekki Yahia Abdelmoumène, biologiste virologue au CHU de Lyon (France) et expert à l’Organisation mondial de la Santé (OMS).
«J’insiste sur le rôle primordial de la vaccination pour freiner et stopper cette pandémie. Nous le constatons aujourd’hui dans une grande partie du monde où le port du masque de protection et la distanciation ont été supprimés et les voyages ont été autorisés», a déclaré ce spécialiste à l’APS, en marge du 3e congrès d’infectiologie, ouvert vendredi dans la capitale de l’Ouest algérien. Ce simple acte a permis, selon lui, de «réduire sensiblement le nombre de décès dus à la Covid-19 et les infections sont beaucoup moins graves même si elles sont encore nombreuses». A ce propos, Dr. Mekki a estimé que «l’Algérie a fourni de grands efforts en la matière, avec l’organisation de campagnes de vaccination, les campagnes de sensibilisation qui ne se sont pas arrêtées. Elle a également lancé la production au niveau local du vaccin anti Covid-19». Par ailleurs, le biologiste virologue a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts pour vacciner davantage de personnes afin d’atteindre un taux de couverture supérieur à 60% de la population ciblée. «De nouveaux variants peuvent faire leur apparition à tout moment, comme c’est le cas actuellement en Chine et en Afrique du Sud où de nouveaux variants de l’Omicron BA4 et BA5 ont été détectés et le nombre de contamination commence à augmenter sensiblement», a-t-il mis en garde, ajoutant qu’ «avec la vaccination, nous serons plus protégés et il y aura moins de décès et moins de pression sur le système sanitaire, même avec beaucoup de contaminations». La poursuite de la vaccination de la population en Algérie contre la Covid-19, malgré l’accalmie, pour éviter des «scénarios graves» à l’avenir, a recommandé pour sa part le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Pr Fawzi Derrar. «Le taux de vaccination tourne autour de 32%, ce qui est encore très faible.
Actuellement, nous observons une accalmie due l’immunité acquise suite à l’infection à l’Omicron, une immunité qui baissera inéluctablement dans 3 à 6 mois, d’où l’importance de la vaccination», a souligné Pr. Derrar en marge de l’ouverture vendredi soir du 3e congrès d’infectiologie. Pour le même responsable, «c’est primordial de continuer à vacciner la population pour prévenir de nouvelles vagues de contamination, surtout que certaines régions comme la Chine et l’Afrique du Sud font face à une recrudescence des cas de contamination par de nouveaux variants». «Une reprise de la pandémie due à de nouveaux variants est à craindre, principalement dans des pays à faible vaccination, donc une faible immunisation», a-t-il prévenu, déclarant «il y aura certainement de nouveaux variants, on le voit en Afrique du sud qui connaît une forte hausse du nombre des contaminations par les variant SBA4 et BA5 d’Omicron». Dans le même sillage, Pr. Derrar a fait savoir que dans des pays où l’immunisation est très élevée comme en France où en Europe, il existe une élévation du nombre de cas mais sans provoquer une pression sur le système de santé. «L’Objectif de la vaccination n’est nullement d’empêcher de nouvelles contaminations mais pour éviter les formes graves et les hospitalisations, et c’est très important pour le système sanitaire national», a-t-il estimé. Le 3e congrès de la Société algérienne d’infectiologie (SAI), ouvert vendredi à Oran, enregistre la participation de plus de 150 spécialistes en épidémiologie du pays.
Plusieurs interventions ont été présentées lors de cette manifestation scientifique qui s’étalera sur trois jours, dont «Covid-19: point de la situation», «Les tests antigéniques de détection du SARS-Cov-2» et «Covid 19, diagnostic biologique et suivi», entre autres. (APS)