Le nombre de malades nécessitant un transfert à l’étranger, dans le cadre de la contractualisation entre la Caisse de sécurité sociale et les établissements hospitaliers étrangers, est en nette régression ces dernières années. Ainsi, le nombre est passé, selon les chiffres avancés jeudi dernier par le président de la Commission nationale médicale pour les soins à l’étranger, de 6 693 patients en 1987 à 1 282 en 2005 pour atteindre 163 en 2016. 

Les maladies cardiovasculaires viennent en tête des pathologies nécessitant un transfert à l’étranger dans des établissements conventionnés avec la Caisse de sécurité sociale (17 malades), suivies des maladies de l’œil (8 transferts),neurochirurgicales (91 patients), cancéreuses (12 malades) outre les cas de chirurgie orthopédique (4) et d’autres affections chroniques pour la plupart (34), a détaillé le Pr Bougherbal lors d’une rencontre nationale d’orientation au profit des centres hospitaliers organisée à Alger par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Selon lui, la baisse du nombre de malades transférés à l’étranger «s’explique par l’amélioration des soins prodigués dans le pays tant en termes d’augmentation du nombre de praticiens que de la disponibilité des équipements médicaux». Concernant le refus par les hôpitaux européens d’admettre des malades nécessitant des greffes d’organes (insuffisants rénaux), Pr Bougherbal a fait savoir que ces établissements étaient soumis à des lois rigoureuses leur faisant obligation de privilégier leurs nationaux en cas de disponibilité de greffon. «Certaines structures spécialisées européennes refusent de prendre en charge des malades algériens en dépit de conventions les liant à la Caisse de sécurité sociale en raison de l’absence de personnels à même d’assurer leur suivi en Algérie», a-t-il ajouté. Le Pr Bougherbal a, en outre, mis en évidence certaines carences liées à la sélection des malades nécessitant un transfert à l’étranger à l’instar de l’absence d’un consensus de diagnostics et thérapeutiques, d’une approche intersectorielle de soins et de la non-implication des comités nationaux. C’est pourquoi, le spécialiste a préconisé une approche intersectorielle de soins par l’identification d’un réseau de soins et la redynamisation des conventions avec un contrat financier liant le bailleur de fonds et l’équipe soignante prestataire. Pour rappel, dans le cadre d’une convention bilatérale de Sécurité sociale, la France (pour ne citer que ce pays) reçoit des patients algériens dont les pathologies nécessitent des soins dans des services français. Il ne s’agit pas de médecine d’urgence mais d’une prise en charge organisée au préalable, sur avis médical. Sauf que dans la plupart des cas, les transferts vers l’étranger sont jugés «opaques». Alors qui bénéficie de soins à l’étranger et comment rendre les procédures plus transparentes ? «Il faut savoir que ce qu’on appelle les prises en charge à l’étranger pour les soins de haut niveau est une situation transitoire.
Ce n’est pas du tout un droit des assurés sociaux. C’est une situation temporaire qui est prévue pour permettre aux structures de santé algériennes de se mettre à niveau et proposer les prestations de soin adéquates ici-même», répondait, dans un entretien à TSA, le Directeur général de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas), Tidjani Hassan Haddam.