Après avoir fait couler beaucoup d’encre et soulevé de nombreuses contestations des partenaires sociaux, la nouvelle loi sanitaire est désormais entrée en vigueur suite à sa publication, hier, au Journal Officiel. Pour son application sur le terrain, la loi reste assujettie à l’introduction des nouveaux textes réglementaires qui lui sont relatifs.  «Les dispositions de la loi 85-05 de février 1985, modifiée et complétée relative à la promotion de la santé sont abrogés. Toutefois, les textes pris pour son application continuent à produire leur effet jusqu’à l’intervention des textes réglementaires prévus par la nouvelle loi», indique l’article 449 de la nouvelle loi sanitaire.

Nouvelle carte sanitaire, organisation et régulation de la consommation en matière de soins, mais aussi la définition du statut du pharmacien-assistant et autorisation d’interruption thérapeutique de la grossesse, et autres, sont autant de nouveautés introduites par cette nouvelle loi, avec laquelle Mokhtar Hasbellaoui, ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, espère révolutionner son secteur, à l’agonie depuis déjà très longtemps. Cependant, avant d’en arriver là, le moins que l’on puisse dire c’est que le chemin a été semé d’embûches et marqué par de nombreux mouvements de protestation. A leur tête celui des médecins résidents qui a paralysé les hôpitaux algériens durant plus de huit mois. Ayant eu connaissance de l’élaboration d’un avant-projet de loi sanitaire, les médecins résidents ont vu en cette réforme une opportunité pour faire entendre leurs revendications, dont l’abrogation du caractère obligatoire du service civil et l’amélioration des conditions de travail, mais aussi la levée de l’obligation du service militaire pour les médecins. Très tenaces, les médecins résidents grévistes n’ont pas hésité à monter au créneau en refusant d’assurer le service minimum dans les hôpitaux et en ne passant pas leurs examens. Le ministre de tutelle, de son côté, s’est montré très ferme et a refusé, jusqu’au bout, de céder. Aujourd’hui, alors que la grève a été gelée, les choses ne sont toujours pas rentrées dans l’ordre et le malaise est palpable. Autre protestation soulevée par la nouvelle loi sanitaire, celle des pharmaciens d’officine, qui s’étaient opposés à la suppression de la disposition 259 stipulant que  «le pharmacien est l’unique propriétaire et le gestionnaire de l’officine dont il est titulaire».  Considérant que l’annulation de cet article allait ouvrir la voie au pouvoir de l’argent en milieu d’officines, les pharmaciens, par le biais du Syndicat national des pharmaciens d’officine, n’ont pas hésité à saisir les autorités pour que cet article soit préservé. Le ministre s’est engagé sur ce point et a honoré sa parole en évitant une énième polémique dans son secteur.

Autre polémique relative à ladite loi,  les soins de santé ne seront désormais plus gratuits, ce qui a soulevé la colère des professionnels mais aussi des citoyens. Sur ce point, Hasbellaoui n’avait pas manqué de déclarer à maintes reprises que la gratuité des soins est une partie indissociable de la politique du gouvernement algérien en matière de santé. Rappelons qu’avant l’adoption de cette loi, le gouvernement avait engagé une large opération de consultation auprès des partenaires sociaux.