« La question de l’autonomie financière de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) pourrait être un problème. Les financements peuvent être tirés des prestations de certains laboratoires, ce qui serait malsain », s’inquiète Lotfi Benbahmed, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP).

Le représentant du secteur pharmaceutique estime que les circulaires « ne cadraient pas » avec la réalité, ce qui est à l’origine d’un « vide juridique ». Le nouveau projet de loi sur la santé, qui devrait être examiné par les deux chambres parlementaires, pourrait, selon Benbahmed, remettre « les choses en ordre concernant l’ANPP, notamment au niveau de la question des autorisations temporaires d’utilisation ». Les acteurs pharmaceutiques ont appelé, lors du Salon international de la pharmacie et de la parapharmacie Siphal, qui s’est achevé hier, à la « nécessité de développer les sources de financement », afin d’assurer une réelle indépendance des institutions de contrôle et de prévention. Pour rappel, la nouvelle Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), consacrée par la loi n°8-13 du 20 juillet 2008, est active depuis une dizaine de jours.
Pour déposer leurs dossiers d’enregistrement de médicaments et des dispositifs médicaux soumis à l’homologation, les producteurs et les importateurs s’adressent désormais à l’ANPP à l’Institut Pasteur d’Alger et non à la Direction générale de la pharmacie du ministère de la Santé.
L’institution, dirigée par Mme Benayad Cherif, dispose de commissions relatives à l’enregistrement des médicaments et des dispositifs médicaux soumis à l’homologation, au contrôle de l’information médicale et scientifique et de la publicité et l’étude des prix des médicaments et des dispositifs médicaux. «Vous avez la responsabilité de cette agence et vous ne dépendez de personne.
Vous avez un nombre important de jeunes cadres qui doivent être formés et je vous demande de mener ce travail selon les normes internationales et d’aller chercher les meilleures méthodes là où elles se trouvent dans le cadre de la coopération avec les agences d’autres pays», avait, par ailleurs, appelé le ministre de la Santé Abdelmalek Boudiaf, s’adressant à la directrice de l’ANPP. Les autorités comptent faire de cette structure un outil de promotion du produit local à travers la facilitation de l’enregistrement des nouveaux médicaments dans « une période record de quatre mois». A noter également que, selon les chiffres du ministère de tutelle, il existe actuellement en Algérie 85 unités de production.