Parmi les ministres qui ont été maintenus dans le dernier remaniement partiel du gouvernement, deux noms retiennent l’attention. Ils évoluant dans un secteur très sensible et, surtout, dans un contexte très difficile qu’est la crise sanitaire due à la pandémie de coronavirus.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, et le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Lotfi Djamel Benbahmed, ont été reconduits dans la nouvelle composante du gouvernement Djerad pour avoir, contre vents et marées, pu manager la crise sanitaire d’abord dans la difficulté au tout début puis dans une relative facilité après.
C’est donc un renouvellement de confiance que leur a témoigné le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en les maintenant à la tête de départements ministériels qui, sans conteste aucun, ont eu une rude tâche sans relâche moins de deux mois à peine après leur installation dans leurs postes l’année dernière. Lotfi Benhahmed qui était d’abord ministre délégué chargé de l’Industrie pharmaceutique dans le gouvernement de janvier 2020 est passé ensuite au rang de ministre de l’Industrie pharmaceutique au vu de l’importance de ce secteur qui a été démontrée, si besoin est, encore une fois en pleine crise sanitaire.
Ce sont finalement deux départements ministériels dont l’un ne va pas sans l’autre et qui sont dans l’obligation de composer de concert, non seulement en période dite «normale» mais surtout en période de crise sanitaire en raison des urgences qui apparaissent. Le ministre de la Santé a pu, ainsi, manager la situation de crise en prenant une multitude de mesures depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus en février de l’année dernière, pour faire en sorte de limiter sa propagation dès le début.
Il est clair que d’autres décisions politiques ont été d’un grand apport et l’ont aidé dans sa rude tâche de gestion de la crise, notamment celle relative à la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes, ainsi que celle de l’installation d’un Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. Il faut dire que les membres du Comité scientifique qu’il préside et qui est composé d’éminents professeurs et spécialistes ont eu à travailler sans relâche, en émettant des recommandations et consignes au quotidien et tentant de ne négliger aucun détail aussi bien concernant la prévention que la prise en charge des malades au début, ou encore la réflexion sur la mise en place des protocoles sanitaires avant la reprise des activités au niveau des administrations et entreprises ou encore la réouverture de commerces et autres par la suite.
Parmi les mesures prises par le ministre de la Santé, il y a lieu de rappeler la mobilisation rapide, à travers le territoire national, de l’ensemble des hôpitaux pour les urgences dues au Covid-19, et ce, parfois même au détriment des autres pathologies, une décision certes douloureuses mais qui apparaissait alors comme nécessaire. Un autre point positif et non des moindres peut être cité, à savoir celui de la mise en place de laboratoires de dépistage de Covid-19 à travers le territoire national. Au début, il n’y avait que deux laboratoires relevant de l’Institut Pasteur qui les effectuaient puis, progressivement, leur nombre s’est multiplié pour atteindre environ 80 en quelques mois à peine. Il a, par ailleurs, effectué de nombreuses visite sur le terrain, en se rendant dans les hôpitaux de plusieurs wilayas aussi bien au centre, à l’est, à l’ouest, au nord et au sud du pays, afin de constater de visu la prise en charge des malades et de recueillir les avis et doléances des personnels soignant.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a eu un agenda bien rempli lui aussi depuis le début de la pandémie puisqu’il a dû assumer deux principaux objectifs, à savoir assurer la logistique anti-Covid-19, à commencer par l’importation des masques et autres moyens de protection – au moment où il y avait une forte tension à l’échelle mondiale sur ces produits – dans le cadre de l’achat ou de la coopération, etc. Il était également en charge d’assurer les médicaments entrant dans le cadre des protocoles de traitement des malades Covid et les tests PCR. Mais pas seulement, car parmi les autres dossiers importants il y a aussi la nécessité de mettre de l’ordre dans le secteur de l’industrie pharmaceutique, ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’il s’agit de regarder de près et la production nationale et les importations en tentant de donner à chacun la place réelle qui devrait occuper sur le marché national. C’est également sous la houlette du département de l’Industrie pharmaceutique qu’ont lieu les discussions avec le partenaire russe relatives à la production du vaccin Spoutnik V en Algérie.
Pour les observateurs, le maintien de Benbouzid et de Benhamed dans la composante du nouveau gouvernement est explicable à deux niveaux. Le premier a trait au maintien de la cohérence de la gestion de la pandémie de Covid-19 en cours depuis mars 2020, et le second est relatif à la performance réalisée quoi qu’on en dise et même si parfois des dysfonctionnements apparaissent avant d’être rapidement pris en charge.
Les résultats de la gestion de la pandémie de coronavirus sont palpables aujourd’hui malgré un système sanitaire obsolète et en dépit de certaines mesures qui paraissent parfois difficiles à accepter. Le faible taux de létalité comparativement à celui d’autres pays nettement plus développés en est la preuve, de même que la situation épidémiologique actuelle caractérisée par une stabilité, avec moins de 200 contaminations par jour, alors qu’ailleurs dans le monde on compte des dizaines de milliers de cas confirmés et des centaines de morts au quotidien. n