Dans le cadre du Programme international d’enquêtes auprès des ménages élaboré par l’Unicef, le ministère de la Santé a lancé la 6e enquête nationale sur la population à indicateurs multiples (MICS 6), dont les résultats seront annoncés dans les trois prochains mois.

L’annonce en a été faite dimanche dernier par le directeur de la population au ministère de la Santé, Amar Ouali, qui s’exprimait en marge du colloque national sur «la législation sur la santé procréative et la politique de la population en Algérie». L’enquête, qui porte sur un échantillon de 31 000 familles de différentes régions du pays, a pour objectif de connaître, au niveau national, l’état de santé des ménages, d’évaluer le manque à gagner dans les domaines du développement humain et social et fournir aux programmes de développement nationaux et sectoriels des statistiques fiables sur la situation des enfants, des femmes et des ménages. En somme, il s’agit pour les autorités de connaître l’état de la population du pays et suivre l’évolution de la démographie. Une démographie qui tend à se «laisser aller», au vu du million de naissances atteint par le pays en 2014 avant d’enregistrer l’année suivante un record de 1,6 million de naissances. Lors de cette même rencontre, organisée à Alger par l’Association algérienne pour la planification familiale (AAPF), les intervenants, composés de juristes, membres d’associations et des experts de l’agence onusienne ont plaidé pour une santé reproductive s’inscrivant dans le cadre d’«une politique globale» de la population accompagnée d’un arsenal juridique pour faciliter son application sur le terrain. Parmi les différentes prises de parole, celle du représentant du Conseil national économique et social (CNES), Fawzi Amokrane. Il a relevé les déséquilibres constatés entre la croissance démographique et les objectifs d’ordres socioéconomique et environnemental recherchés par l’Etat, affirmant, à cet égard, que «la réussite des politiques de développement du pays est tributaire de la réalisation de l’équilibre entre ces deux indicateurs».
De façon plus prosaïque, il entendait par-là qu’il faut trouver les mécanismes à même de freiner les naissances afin d’en atténuer les conséquences. Et cette étude sert justement à faire ressortir les moyens de réguler les naissances et à les porter à des niveaux supportables par les capacités économiques du pays, du moment que ce sont autant de dépenses budgétaires de santé, d’éducation, de logements, d’énergie et autres à supporter par l’Etat au profit des générations à venir. Il faudra alors trouver un équilibre entre la croissance démographique et le développement économique et social du pays. Ce que pourrait apporter le planning familial. Et afin d’assurer son aboutissement, les intervenants ont relevé, dans leurs débats, la nécessité de revenir à la politique des années 1980, tout en insistant sur la formation et le renforcement de la prise de conscience en termes d’encouragement de l’espacement des naissances. Les participants ont appelé à «la mise en place d’une stratégie nationale de la population», et, s’il le faut, introduire l’éducation sexuelle au profit des nouvelles générations. Comprendre dans les écoles.
Car la dynamique démographique actuelle aura des répercussions certaines sur les plans économique et social. Il faut rappeler que la population résidente totale en Algérie a atteint 42,2 millions d`habitants au 1er janvier 2018 (contre 41,3 millions d’habitants au 1er janvier 2017) avec un volume de naissances vivantes, en 2017, dépassant pour la quatrième année consécutive le seuil du million, selon les données de l’ONS.