Lors de son déplacement, hier, dans l’ouest du pays, le Premier ministre Abdelaziz Djerad n’a pas manqué de confirmer l’intention de l’Exécutif de revoir le fonctionnement du système de santé et d’y apporter des réformes dont on sait qu’elles vont porter au moins sur la révision de la «loi santé» de 2018 et la création d’une super agence sanitaire nationale comme l’a annoncé le chef de l’Etat il y a quelques semaines. Au centre hospitalo-universitaire «Docteur Benzerdjeb» d’Oran, le Premier ministre a indiqué à ce sujet que «la crise sanitaire induite par le nouveau coronavirus est une occasion pour dresser le constat, mettre le doigt sur les insuffisances et tracer les perspectives». «Cette crise a révélé également des compétences capables d’affronter les défis et des élites capables à redresser le pays», a-t-il soutenu non sans relever que le secteur de la santé en Algérie dispose de «nombreux points positifs, dont une élite médicale de haut niveau, ainsi qu’une harmonie qui a donné de la force à la lutte contre l’épidémie, s’appuyant sur des bases scientifiques et académiques et non pas aléatoires». «Nous devons nous organiser pour décoller sur des fondements à même d’assurer une assise solide au secteur médical», a-t-il ajouté.
Par ses différentes déclarations, M. Djerad n’a pas manqué d’évoquer également la réforme de l’éducation nationale. «A l’avenir, on doit se concentrer sur ces deux systèmes (santé, éducation nationale et formation, ndlr) et travailler pour les réformer en se basant sur l’élément humain de manière fondamentale», a-t-il déclaré, faisant savoir que «les pays qui se sont développés ne le sont pas uniquement par leurs moyens matériels, seulement mais également en s’appuyant sur les systèmes éducatifs et sanitaires de haut niveau».
L’économie et le souci de la soustraire au «tout import» ont également nourri la parole prise par le Premier ministre qui a certifié que «l’ère de l’importation tous azimuts est révolue», et que la nouvelle politique du gouvernement s’appuie sur l’encouragement de la production nationale. «Il n’est plus question d’importer tout et n’importe quoi», a-t-il indiqué à sa visite du futur stade olympique d’Oran et en direction des responsables de l’entreprise chargée de la réalisation de la pelouse du stade. Ceux-ci ont été invités à produire le gazon et les substrats localement, «il n’est plus question de rester dépendant des entreprises étrangères pour des articles que nous pouvons produire chez nous», a insisté M. Djerad.
«La crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus est survenue dans un moment de rupture et d’un nouveau départ», a fait savoir le Premier ministre qui s’est rendu au complexe textile algéro-turc «Tayal» dans la zone industrielle de Sidi Khettab près de Relizane. Et où il a visité une unité de confection de masques de protection, une activité que le Covid-19 a placée en tête d’affiche des industries liées à la santé et à la sécurité des personnes et des populations. Ce complexe a produit plus de 2.500 masques de protection et en a fait don à des organismes à Relizane, dont la Protection civile et le Centre technique d’enfouissement, en tant que contribution aux efforts de lutte contre l’épidémie du nouveau coronavirus.
Pour rappel, le Premier ministre était accompagné hier par, outre le ministre de la Santé, le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Ait Ali, et de la ministre de la Culture, Malika Bendouda. <