Le calendrier des vacances scolaires vient d’être avancé d’une semaine. Sur décision du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, les 9 millions d’élèves de l’Education nationale ont, donc, cessé les cours jeudi dernier alors que leur départ pour les vacances de printemps n’était prévu qu’en date du 19 mars, selon le programme officiellement retenu à la rentrée de septembre-octobre dernier.

La décision du Président de l’Etat d’envoyer avant l’heure les élèves des trois paliers de l’enseignement de base en vacances est dictée par les mesures préventives que l’Etat et le gouvernement algériens ont pris afin d’éviter les risques de propagation du nouveau coronavirus, Covid-19, en milieu scolaire, un lieu de gros rassemblement humain et, donc, propice, à des risques de contamination par des personnes malades.
La reprise des cours, elle, est programmée au 5 avril prochain s’il n’y a pas d’évolution négative sur le plan sanitaire. Pour Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale des personnels de l’enseignement et de la formation (Unpef), la décision «prise au plus haut niveau» de l’Etat algérien d’avancer la date des vacances de printemps est une «initiative qu’on comprend». «La santé des écoliers prime sur la scolarité qui leur est toutefois indispensable», a ajouté ce syndicaliste.
M. Lamri Zegar espère toutefois qu’ «il n’y aura pas de prolongation de la trêve printanière». «J’espère que les autorités compétentes pourront contenir l’épidémie qui est au stade 1 dans les meilleurs délais et que nous n’aurions pas à faire face au stade 2», a-t-il déclaré. «Sinon, a-t-il ajouté, les élèves vont perdre encore des heures de cours précieuses alors qu’on s’achemine vers le Ramadhan», qui sera aussi une contrainte à gérer «dans un dernier semestre généralement court et qui a ses spécificités sachant que c’est une période d’examens». Le porte-parole de l’Unpef croit savoir qu’ «outre la nécessité pour les élèves de continuer à travailler et à réviser chez eux, il y aura probablement besoin, notamment pour les classes d’examen, de séances de rattrapage des cours».
Pour rappel, l’Algérie n’est pas le seul pays à décider de la fermeture momentanée des écoles. La Pologne, l’Irlande, les Etats-Unis, la Belgique et la France notamment ont eux aussi fait le choix de renvoyer les élèves chez eux en attendant l’évolution de la situation sanitaire dans leurs territoires respectifs et dans le monde, compte tenu de la propagation rapide du Covid-19.
Toujours en application de la décision préventive du chef de l’Etat, le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé, jeudi dernier, également la «suspension» des cours dans les universités et les facultés à l’exception des établissements où se déroulent les examens de rattrapage. Et ce à partir de jeudi 12 mars 2020 jusqu’à la fin des vacances de printemps prévue le 5 avril 2020», a indiqué un communiqué du ministère. Ainsi, c’est une part importante des 1,8 million étudiants qui ont pris leurs vacances avant la date prévue. La mesure concerne également les apprenants et les apprentis de la formation professionnelle dont le nombre avoisine les 380 000 qui fréquentent les plus de 1 200 établissements qui existent à travers l’ensemble du territoire national.<

Les enseignants contestataires du primaire marquent une pause

Par Aziz LATRECHE
Les mesures préventives prises dans le contexte actuel de peur de la propagation du nouveau coronavirus vont impacter le mouvement social mené depuis octobre dernier par les enseignants du primaire. C’est ce qu’a indiqué hier à Reporters le représentant du collectif militant à Batna, Houssam Maâdjoudj. Pour ce délégué de wilaya, «aucune décision n’a été prise quant à la prochaine contestation cyclique. D’habitude, il y a toujours un arrêt de travail avec des sit-in devant les bâtiments officiels de l’Education nationale, mais ces actions nous paraissent difficiles à envisager dans le contexte actuel», a précisé
M. Maâdjoudj. Et d’ajouter : «ce qui ressort de notre concertation à la base est que la majorité préfère attendre jusqu’après les vacances pour reprendre la contestation», c’est-à-dire après le 5 avril, date prévue pour la reprise des cours. «Pour ma part, je peux vous dire que pour cette semaine, il n’y aura pas de mobilisation publique», a-t-il encore assuré. «Prochainement, des concertations seront menées pour dégager de nouveaux moyens et s’adapter à la nouvelle situation et maintenir nos actions», a-t-il encore indiqué. Selon lui, il est possible que les enseignants adhérant au mouvement «aillent vers une grève des notes» et s’abstiennent de les communiquer à l’issue des examens.