Alors que l’on s’attendait à un dénouement heureux après l’ouverture du dialogue et la disposition affichée du gouvernement, à travers le ministre de la Santé, à prendre en charge leurs revendications, voilà que les médecins résidents mettent à exécution leurs menaces.  Le mouvement se dirige vers le pourrissement.

Après une grève cyclique de deux jours par semaine durant un mois, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) passe à la vitesse supérieure. A partir de lundi prochain, 18 décembre, ce sera trois jours de grève au lieu de deux. De plus, si les autorités ne répondent pas favorablement à la plateforme de revendications, une grève illimitée sera déclenchée dès la semaine d’après, soit vers la fin du mois de décembre. C’est du moins ce qui a été décidé, mardi soir, lors d’une réunion des représentants de toutes les facultés de différentes wilayas, tenue à l’issue de la marche organisée au CHU Mustapha-Pacha d’Alger. « Le bureau national Camra décide de durcir le mouvement de protestation en recourant à une grève de trois jours dès la semaine prochaine : lundi 18, mardi 19 et mercredi 20 décembre 2017, avec un sit-in national, le mardi 19/12/2017, à Alger », peut-on lire dans un communiqué sanctionnant cette réunion. Le Camra affirme aussi que « dans le cas où aucune réponse n’est reçue » de la part des autorités, recourir à « une grève illimitée imminente et irrévocable à partir de la semaine d’après ». Les médecins résidents expliquent avoir recouru à cette option « après quinze jours de mutisme total ». Rappelons qu’il était prévu lors de la réunion qu’ils ont tenue avec le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, qu’ils auront des réponses à leurs revendications dans un délai de deux semaines et qu’une autre rencontre allait être programmée. Passé donc ce délai, les représentants du Camra n’ont pas été par quatre chemins pour choisir la riposte. Déjà, avant l’expiration de cet ultimatum, ils avaient averti des conséquences du silence officiel vis-à-vis de leurs revendications.
Se félicitant « de la réussite du mouvement de grève cyclique durant les quatre semaines écoulées », le Camra a remercié l’ensemble des résidents pour leur mobilisation, leur soutien ainsi que leur engagement pour la cause, non sans demander à toute la corporation « de rester mobilisée et solidaire afin d’aboutir à une solution juste et définitive à nos revendications », écrit le collectif dans son communiqué qui « tient lieu de rappel de préavis ». D’ailleurs des copies ont été adressées au Premier ministre, au ministre de la Santé, au ministre de l’Enseignement supérieur, aux chefs de service de CHU, aux DSP et aux directeurs des établissements hospitaliers. C’est dire la détermination des concernés à aller jusqu’au bout de la protestation, au moment où l’on s’attendait plutôt à un dénouement. Surtout que le gouvernement d’Ahmed Ouyahia a démontré sa disposition à répondre favorablement à certaines revendications, notamment le service civil, qu’il s’apprête à réviser dans le cadre de la future loi sanitaire. Il est question, faut-il le rappeler, selon les propositions du ministère de tutelle, de mettre en place des mesures incitatives telles qu’une indemnité d’accompagnement, un logement décent et équipé qui devra répondre aux plaintes des médecins résidents mariés, ainsi que d’un panier technique adéquat pour résoudre le problème de manque de moyens dans les régions éloignées du pays. Des propositions qui, bien qu’elles ne soient pas encore rendues officielles, n’ont pas convaincu les protestataires qui réclament l’abrogation pure et simple du service, en plus d’autres points relatifs à l’équité concernant le service militaire pour les garçons, l’amélioration des conditions de travail et de formation et enfin le bénéfice des œuvres sociales.