PAR MILINA KOUACI
La Coalition nationale des syndicats de la santé (CNSS) exige un avancement de grade sans devoir passer par un concours professionnel de promotion, apprend-on de Youcef Boudjelal, secrétaire général du Syndicat autonome des biologistes de santé publique (SABSP). Cela fait une semaine que ladite Coalition a saisi le ministère de la Santé sans qu’elle n’obtienne de réponse. Si leur revendication reste inaudible, la CNSS observera des actions de protestations.
Février dernier, le ministre de la Santé a annoncé que près de 65 000 employés dans le secteur sanitaire, à savoir médecins, paramédicaux, sage-femmes, anesthésistes, dentistes et agents administratifs et techniques bénéficieront d’un avancement de grade. Une mesure que plusieurs catégories et professionnels attendent, notamment ceux qui sont sur le point de partir en retraite. Sur les réseaux sociaux, des voix s’élèvent pour demander d’annuler le concours qui devrait se dérouler les 6, 13 et 20 novembre courant.
La CNSS a saisi le ministère de tutelle et demandé que les professionnels de santé bénéficient d’un avancement de grade sans passer par un concours de promotion. «Le ministère de la Santé a fait une pré-sélection», précise le secrétaire général du SABSP. En effet, tout professionnel de santé ayant justifié au moins cinq années de service effectif a droit de participer au concours de promotion. La CNSS réclame ainsi un avancement de grade pour les professionnels qui justifient plus de 5 ans et jusqu’à 10 années de service sans bénéficier d’une promotion professionnelle durant toute leur carrière.
En organisant le concours, le ministère s’est appuyé sur l’Ordonnance 06/03 portant statut général de la Fonction publique. Son article 107 stipule que la promotion d’un grade à un autre grade immédiatement supérieur relevant du même corps se fait sur titre, par voie d’inscription sur liste d’aptitude après l’avis de la commission paritaire, après une formation spécialisée ou par voie d’examen ou de test professionnel.
Or, l’Ordonnance 06/03 n’est qu’une «formalité», estime M. Boudjelal qui rappelle que l’avancement de grade a été décidé par décret présidentiel.
La CNSS a saisi par écrit le ministère de tutelle, il y a une semaine. «Nous n’avons reçu aucune réponse pour le moment», regrette notre interlocuteur. Cette coalition composée de sept syndicats de la santé publique, à savoir anesthésistes, médecins généralistes, sage-femmes, praticiens spécialistes, infirmiers, professeurs d’enseignement paramédical et biologistes, attend la fin des examens de promotion pour se réunir et décider de la nature des actions à observer. «Si nos revendications restent inaudibles, nous allons inéluctablement recourir à la grève», prévient le secrétaire général du SABSP. Il y a quelques mois, les anesthésistes de santé publique ont demandé le gel du concours de promotion d’auxiliaire médicale en anesthésie-réanimation de santé publique enseignant, jusqu’à la promulgation d’un nouveau statut particulier des fonctionnaires du secteur.
S’agissant de l’exclusion des attachés de laboratoires du concours de promotion, notre interlocuteur fait savoir que le ministère de la Santé a remis une proposition à la Direction générale de la Fonction publique. Cependant, cette dernière a signifié à la tutelle qu’il y a «une lenteur» d’autres départements ministériels qui emploient des titulaires d’un diplôme d’études universitaires appliquées (DEUA).
Le SABSP a de ce fait débattu avec des DSP qui ont accepté de transférer les attachés de laboratoires détenant des diplômes de licence et master vers d’autres postes budgétaires et leur permettre de participer au concours de promotion. «C’est une revendication légitime. Nous avons exposé le problème à la CNSS qui a décidé de se solidariser avec cette catégorie», indique Youcef Boudjelal.