Le bureau d’Alger du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) a organisé, hier au Centre international des conférences, une journée scientifique dédiée aux compléments alimentaires. L’événement intervient un an après la médiatisation de l’affaire du complément alimentaire RHB « Rahmat Rabi ».

Ce produit destiné aux patients atteints de diabète avait, rappelons-le, suscité une vive polémique qui a conduit à son retrait du marché suite à des doutes quant à son efficacité. L’événement organisé par le Snapo a voulu traiter trois axes autour de la thématique du complément alimentaire. Le premier est relatif à l’aspect scientifique, le second a eu trait aux incidences économiques et le dernier a eu pour thème les aspects réglementaires qui doivent encadrer la production et la commercialisation de ce type de produit. « Les compléments alimentaires doivent faire l’objet d’une réglementation qui est en cours d’élaboration au niveau du ministère de la Santé », affirme Messaoud Belambri, le président du Snapo. Estimant important, par ailleurs, que ces produits reviennent à l’officine « afin que le pharmacien puisse être en accord avec sa vocation de conseil pour le client ».
Pour l’organisation syndicale, il s’agit de militer pour que la commercialisation de compléments alimentaires soit réservée à l’officine. « Ce secteur échappe à l’officine gangréné par le marché informel et une concurrence déloyale », indique Messaoud Belambri, ajoutant que l’absence ou le manque de traçabilité pour ces produits est une réelle problématique, les compléments alimentaires étant susceptibles pour certains d’avoir des effets néfastes en cas de mauvais conditionnement ou un mauvais usage. « Suite à l’histoire du RHB, le ministère du Commerce a bien réagi. C’était peut-être une expérience malheureuse, mais qui aura servi à nous faire bouger », estime le premier responsable du Snapo. A noter qu’actuellement, c’est le ministère du Commerce qui gère les questions d’importation, de production et de commercialisation des compléments alimentaires. « Dès que la loi sanitaire sera adoptée, ce genre de produit sera sous la tutelle du ministère de la Santé », rappelle-t-il.
Pour Hamou Hafed, le Directeur général de la pharmacie et des équipements de la santé, le thème du jour constitue un sujet majeur « car il vient au confluent des aspects réglementaires». « Ce sont des produits qui ont un impact direct sur la santé publique », estime-t-il. Assurant que son département, accompagné d’experts, doit reprendre l’ensemble du texte réglementaire « dont le but sera de garder l’aspect spécifique des produits afin que ceux-ci puissent obéir à une législation particulière, que ce soit concernant l’activité de production ou d’importation », indique le Directeur général de la pharmacie. Pour les participants, les différents compléments alimentaires peuvent présenter une certaine dangerosité, d’où la nécessité d’établir un cadre légal strict. « Certains compléments contiennent de la vitamine A, de la caféine et même des amphétamines », nous confie-t-on. « Le Snapo a donc fait valoir certaines règles de prudence sous supervision de professionnels de la santé pour parer à tout risque », ajoute-t-on. Quant à l’actualité récente liée à la contamination de lots de lait pour nourrisson par la bactérie salmonelle, les représentants de ce type de produit présents à la journée scientifique n’ont pas souhaité trop s’attarder sur le sujet. « Il faut que le lait pour nourrisson soit commercialisé par des professionnels. Il y a nécessité dans ce cas d’avoir la traçabilité de chaque produit », estime Shafik Rahem, le président du bureau d’Alger du Snapo. « Cette actualité n’a pas d’impact sur nous, bien au contraire. Notre produit existe depuis 70 ans, nous n’avons jamais eu ce type de problème », s’enorgueillit le représentant d’une grande marque française de lait pour nourrisson, avant d’expliquer que la bactérie a pu s’introduire dans le produit malgré « un process très strict en terme d’hygiène au niveau des laboratoires qui produisent du lait pour nourrisson ».