Par Sihem Bounabi
Les avancées notables de l’Algérie dans le cadre du plan de la lutte contre les maladies infectieuses, la nécessité de renforcer la lutte contre la résistance aux antibiotiques et antimicrobiens ainsi que la nécessité de fédérer les efforts pour lutter efficacement contre les maladies infectieuses et hisser le niveau du système de santé sont les principaux points abordés, hier, à Alger, par le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid à l’ouverture du Colloque international d’infectiologie qui intervient dans un contexte marqué par la pandémie de la Covid-19.
A cette occasion, le ministre de la Santé a défini la médecine des maladies infectieuses comme une pathologie générale qui englobe toutes les spécialités, appelant à proposer des stratégies ciblées pour prévenir les facteurs endogènes associés à l’émergence de nouvelles maladies bactériennes.
Il a également mis en exergue le fait que les différentes épidémies qu’a connues le monde au cours des dernières décennies ont prouvé leur impuissance face aux maladies contagieuses émergentes.
Abderrahmane Benbouzid précise à ce sujet qu’en dépit de la mutation épidémiologique, «ces maladies représentent un grand problème pour la santé publique», soulignant que «les dernières statistiques de l’OMS indiquent que ces maladies sont responsables de 43% de la charge des maladies, en général» d’où la nécessité de leur élimination qui aura des impacts bénéfiques sur la santé publique et l’économie.
Dans ce contexte, il devient ainsi nécessaire «de poursuivre les recherches afin de développer de nouvelles méthodes de dépistages et de traitement ainsi que l’utilisation optimale des ressources disponibles afin de lutter contre les maladies infectieuses», ajoute Abderrahmane Benbouzid.
Le ministre de la Santé a également abordé, lors de son allocution d’ouverture, la problématique de la résistance aux antibiotiques qui est devenue un problème majeur pour la santé publique, nécessitant l’intervention de plusieurs spécialités et d’équipes pluridisciplinaires.
Il souligne que «ce problème a constitué, au cours des dernières décennies, un risque grandissant qui entrave l’efficacité du traitement de certains cas émergents, voire une menace pour la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement».
Abderrahmane Benbouzid a également indiqué que la résistance aux antibiotiques implique notamment des coûts de médicaments plus élevés, prolongent la durée de la maladie et de convalescence, nécessite un traitement et une hospitalisation plus lourds et est un fardeau financier pour la famille et la société. Il a rappelé dans ce sillage le plan stratégique mis en place par l’Algérie dans ce domaine, en adéquation avec le plan d’action mondiale de lutte contre la résistance aux antibiotiques.
D’autre part, le ministre a rappelé que l’Algérie a fait des progrès significatifs dans le domaine de la prévention et du contrôle des maladies infectieuses, notamment avec l’obtention de la certification délivrés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de l’élimination de la poliomyélite à virus sauvage en 2016. Il a également cité l’obtention de certification d’élimination du tétanos maternel et néonatal en 2018 et celle du paludisme en 2019. Le ministre a ajouté que l’Algérie poursuit ses efforts pour le processus d’élimination de la rougeole, de la rubéole et du trachome qui sévit surtout dans les régions du Sud et des Haut-Plateaux avant la fin de 2022.
Il a tenu à saluer le travail entamé par ses prédécesseurs et qui se poursuit actuellement. Ils ont permis de réaliser ces résultats grâce au travail de l’ensemble des professionnels du secteur de la santé.
Le ministre a conclu son allocution d’ouverture en appelant les professionnels de la santé à œuvrer «tous ensemble pour que nous parvenions à faire en sorte que notre système de santé puisse bénéficier de ce qu’il a déjà acquis». Il enchaîne en expliquant qu’«il est question de trouver les voies d’améliorer les performances du secteur», estimant que «nous avons tout ce qu’il faut pour réussir. Nous avons les hôpitaux, les compétences de haut niveau, le matériel et la volonté. Il reste aujourd’hui à travailler ensemble et j’attends de vous tous et toutes de fédérer nos efforts pour que nous puissions dans les plus brefs délais faire un saut qualitatif».
Ainsi tout en reconnaissant que «certes nous avons eu quelques turbulences», le ministre de la Santé insiste sur le fait que «nous essayons de corriger tous ensemble, forts de ce que nous avons acquis, de ce qui a été fait et de ce que nous sommes en mesure de faire. Ceci grâce à votre engagement et forts aussi de votre soutien que j’attends de vous tous et toutes pour que nous puissions travailler ensemble et pour que notre système de santé soit à la hauteur et la dimension qu’il mérite». <