Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine affirme avoir reçu des « assurances » du ministre de la Santé, qui a dû saisir la « commission santé » de l’APN pour préserver le caractère particulier de leur activité qui n’est pas uniquement commerciale et qui n’obéit pas aux règles du marché seulement, mais aux règles d’éthique et de déontologie en matière de santé.

Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) n’ira pas à la grève. Son bureau national a décidé d’abandonner son mot d’ordre d’appel au débrayage après avoir reçu des assurances que l’article 226 du projet de loi sanitaire sera rayé du texte, actuellement en débat parlementaire à l’Assemblée populaire nationale (APN). « Il n’y a plus lieu de recourir à l’arrêt de travail, on a reçu des assurances du ministre de la Santé», a expliqué le président du syndicat. Messaoud Belambri a précisé que les responsables du secteur ont promis au Snapo que le «ministre va intervenir personnellement auprès de l’APN pour remettre l’alinéa supprimé », l’article 259, de l’ancienne loi sanitaire, après avoir été remplacé dans la mouture actuelle par l’article 226. Cette disposition considère les établissements, les sociétés et entreprises pharmaceutiques comme des entités commerciales uniquement. Auparavant, l’ancienne loi présentait la pharmacie d’officine comme un espace commercial doté d’un code déontologique le mettant à l’écart d’investissements susceptibles de détourner sa vocation. Les pharmacies ont un classement spécifique et les lois commerciales respectent le classement particulier des officines, a déclaré à ce propos le président du Snapo. Messaoud Belambri a assuré que les responsables et directeurs régionaux au ministère de tutelle ont organisé une réunion d’urgence pour étudier les dossiers de la santé, pharmacie et médicament. Et que son syndicat a également reçu des « assurances de l’APN ». Ces assurances, selon le président du Snapo, seront « concrétisées le 30 avril prochain lors du vote de la loi de santé». «On reste vigilants, mais nous n’avons aucune raison de douter du ministre», a ajouté M. Belambri, qui a souligné que la réunion d’urgence convoquée par le bureau national du Snapo «reste ouverte » pour suivre le dossier jusqu’au jour du vote lundi prochain.
Le syndicaliste a déclaré que les responsables du secteur ont expliqué aux parlementaires de la « commission santé » que la suppression de l’article de loi qui stipule que « le pharmacien est unique propriétaire et unique gestionnaire de son officine », était une faille de la part de ceux qui ont rédigé le texte. La faille en question a été de confondre entre entreprises pharmaceutiques et pharmacies d’officine et qui s’est matérialisée par la suppression de l’article 259 et renvoyer une partie de son contenu vers l’article 226. Messaoud Belambri prévient que si cette disposition est maintenue en l’état, l’activité pharmaceutique va s’en trouver ouverte «au pouvoir de l’argent» et à une domination extérieure au pays, du marché de la distribution du médicament. «Au lieu du pharmacien, explique-t-il, ce sera à des entités commerciales que sera désormais dévolu le rôle de gérer une ou plusieurs officines à la fois ». Rappelant que la pharmacie représente une partie intrinsèque du système de santé dans son ensemble, il estime qu’en touchant à son mode d’exercice, c’est tout le système de santé, y compris le système national du médicament, qui va s’en trouver ébranlé.
Pourquoi le Snapo a-t-il tardé à réagir ? Son président affirme n’avoir appris la suppression de cet alinéa que « très tardivement ». Il affirme que lors des discussions avec le ministère de la Santé, suivies par celles avec les services du gouvernement puis de la rencontre avec les membres de la commission Santé du Parlement, il n’a pas été constaté que celui-ci avait été touché.