La vague de froid affectant toute la zone Nord de l’Algérie est-elle susceptible de favoriser la survenue d’une épidémie de grippe à grande échelle ? Pour le directeur de la prévention et de lutte contre les maladies contagieuses, au ministère de la Santé, une telle perspective n’est pas à écarter.


Intervenant, jeudi dernier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, Djamal
Fourar a, en effet, confirmé, la probabilité d’extension de l’épidémie de grippe « dans une à deux semaines », dans la partie Nord du pays. «Les épidémies de grippe saisonnière, survenant entre octobre et avril dans tout l’hémisphère Nord, dans lequel est incluse l’Algérie, fait état, annuellement, du diagnostic de 3 à 5 millions de cas sérieux, se soldant par 250 000 à 500 000 décès sur la même période », a rappelé le représentant du département de la Santé citant l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il a signalé dans ce sens qu’en Europe, en particulier, ont été détectés, cette année, des virus H3N2 et B, pourvoyeurs d’épidémies « assez graves », dont il précise qu’ils sont les mêmes que ceux circulant actuellement à travers l’Algérie. « La vaccination reste la seule manière de se prémunir contre cette maladie », a recommandé le directeur de la prévention et de lutte contre les maladies transmissibles au ministère de tutelle, précisant qu’elle est prioritairement réservée aux enfants, aux personnes âgées, celles affectées de maladies chroniques et aux femmes enceintes. Djamal Fourar a, cependant, rassuré, en expliquant qu’il existe un dispositif de surveillance et de prévention sanitaire, reconduit « chaque année et appuyé par les opérations de vaccination et la mobilisation de lits dans les établissements hospitaliers, pour prendre en charge les malades souffrant de cas plus compliqués de grippe ».
Selon le même responsable, il existe, également, des réseaux « sentinelles », éparpillés à travers l’ensemble du pays, à travers les informations desquelles, «nous pouvons suivre, au plus près et par région, l’évolution du virus de la grippe». La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2016-2017 a, pour rappel, débuté le 16 octobre dernier. Pour cette saison, l’Institut Pasteur a acquis 2,5 millions de doses conformément aux recommandations des spécialistes. Ces doses sont mises à la disposition des catégories nécessitant ce vaccin. Concernant le suivi de la situation épidémiologique de la grippe, le ministère de la Santé a mis en place un réseau de contrôle des maladies transmissibles supervisé par l’Institut national de santé publique et le Laboratoire de référence relevant de l’institut Pasteur pour l’examen du virus grippal en Algérie.
Pour la situation épidémiologique 2015-2016, on signale 151 cas de grippe sévère admis à l’hôpital soit 32% de l’ensemble d’un échantillon estimé à 534 personnes. Le vaccin antigrippal constitue ainsi le meilleur moyen de protéger contre les complications de la grippe saisonnière et permet de réduire le taux de morbidité liée à cette affection.
Les données de surveillance pharmacologique démontrent que ce produit ne présente aucun effet secondaire hormis une rougeur ou une douleur localisée à l’endroit d’administration.