Le marché pétrolier est actuellement sous l’influence de deux facteurs : une surabondance de l’offre, générée par la hausse de la production aux Etats-Unis et l’approche des sanctions de Washington contre les exportations iraniennes de brut.

En effet, pour le premier facteur, les stocks américains grimpent depuis six semaines. Pour le détail, dans son dernier rapport mensuel sur la production américaine, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a indiqué que les États-Unis ont produit 11,3 millions de barils de brut en août, en hausse de 400. 000 barils par rapport au mois précédent. Ces chiffres sont venus s’ajouter à un autre rapport de l’EIA, publié mercredi dernier, sur les réserves hebdomadaires de brut aux Etats-Unis, indiquant entre autres qu’à la date du 26 octobre 2018 les réserves commerciales de brut ont gonflé de 3,2 millions de barils pour s’établir à 426,00 millions, portant l’augmentation des stocks américains à près de 32 millions de barils lors des six dernières semaines.
En somme, c’est un record de production qui vient d’être franchi du côté des Etats-Unis.
« Un record qui fait beaucoup relativiser le retour des sanctions iraniennes à partir de lundi prochain », jugent des analystes. Pourtant, au début du mois d’octobre, l’approche des sanctions américaines sur le troisième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui seront appliquées lundi prochain, avait suffi à faire grimper les prix à leurs plus hauts niveaux en deux ans et demi. « Il semblerait que les marchés aient déjà intégré sur les derniers mois l’idée d’une baisse des exportations de 1 à 1,5 million de barils », a commenté Hussein Sayed, analyste chez FXTM.
« Les autres membres de l’Opep auraient dopé leur production à leur plus haut niveau depuis deux ans en octobre (selon des estimations indépendantes, ndlr) bien que, comme nous l’avons indiqué plus haut, les stocks américains de brut grimpent depuis six semaines. En plus, la demande n’est pas resplendissante », énumère cet analyste pour expliquer pourquoi le marché pétrolier connaît, ces dernières semaines, des fluctuations.
En effet, depuis le pic du 3 octobre, le cours du Brent a ainsi perdu 13,7 dollars et le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier, dont c’était, le 1er novembre courant, le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a terminé à 72,89 dollars sur
l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 2,15 dollars par rapport à la clôture de mercredi et au plus bas depuis août. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de
« light sweet crude » (WTI) pour le contrat de décembre a cédé 1,62 dollar à 63,69 dollars, au plus bas depuis avril.
« Ainsi les cours de pétrole ont connu un mois d’octobre compliqué malgré l’imminence de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran », a commenté John Plassard, analyste chez Mirabaud.
Pour l’heure, les prix du pétrole divergeaient, hier vendredi, en cours d’échanges européens dans un marché qui évolue à des niveaux bas à l’approche des sanctions de Washington contre les exportations iraniennes de brut.
Pour le détail, vers 11H GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 73,13 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 24 cents par rapport à la clôture de jeudi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour le contrat de décembre cédait  6 cents à 63,63 dollars.
Le Brent a touché en cours d’échanges asiatiques 72,46 dollars, à son plus bas depuis deux mois et demi, alors que le WTIWTI, le West Texas Intermediate (WTI) a chuté à son plus bas en six mois et demi, jeudi, à 63,11 dollars. Notons enfin que malgré la conjoncture actuelle, un coût de grâce est attendu dans les prix du pétrole « car les Etats-Unis auraient accordé des exemptions à huit importateurs de pétrole iranien », a souligné Michael Hewson, analyste chez CMC Markets, citant une information de l’agence Bloomberg. « Même si les Etats-Unis accordent des exemptions, Washington demandera que le volume importé d’Iran baisse nettement », a-t-il estimé.