Jeune artiste, Samah Ould Arab est fraîchement diplômée de l’Ecole supérieure des Beaux-arts. Elle a vécu depuis son jeune âge dans un environnement artistique. Et c’est à l’adolescence qu’elle découvre sa passion pour les arts visuels. Avec le temps, elle a développé un style géométrique et épuré qui s’inspire directement de l’art optique. Ce qui lui a permis de participer à diverses manifestations artistiques, comme le Salon International de la Créativité et le Festival de la Création Féminine en 2018.
Entretien réalisé par Fadhel Zakour

Reporters : D’où vient votre passion pour les arts visuels ?
Samah Ould Arab : J’ai toujours été entourée de dessins. Mes parents étaient dans le domaine de l’art avec une fibre créative, ce qui m’a facilité la tâche. Plus grande, j’ai très vite compris que la création d’images était une des rares activités que j’exerçais sans m’ennuyer. J’en ai fait donc mon métier. Je dirais que mon entourage a favorisé ce choix pour les arts plastiques. C’était une influence déterminante qui a façonné le choix de mon métier.

Votre style met l’accent sur l’art optique. Pourquoi ce choix ?
Mon style est tout d’abord géométrique avec une touche abstraite. L’art optique apporte une impression de mouvement et de dynamisme. C’est l’essence même de cet art, car il s’agit d’illusions d’optiques. Les productions artistiques de ce genre restent un défi pour les artistes. Il faut savoir que ce sont des concepts complexes et la technicité fait partie des qualités requises pour pouvoir réaliser une œuvre. Chaque travail constitue un défi pour moi d’où mon choix.

Quels sont les supports et les matériaux sur lesquels vous travaillez le plus ?
Paradoxalement, le contraste est vraiment considérable entre mon style, très graphique et moderne, ainsi que les matériaux et les supports que j’utilise, même si j’ai été assez aventurière pour tester la plupart des possibilités qui s’offraient à moi. Je reste fidèle à mon stylo-plume, l’encre de chine et le papier. Disons, que ce sont mes outils préférentiels car je les utilise la plupart du temps pour exécuter une œuvre.

Quelle est votre source d’inspiration ?
L’histoire de l’art est une source d’inspiration inépuisable. Mais j’avoue que je reviens toujours aux œuvres de Maurits Cornelis Escher. Son univers est une exploration majestueuse de l’infini et une construction de l’impossible. Autrement dit, une représentation d’une construction fictive, contraire aux lois de la physique. On découvre, entre autres, des gravures sur bois et des lithographies inspirées des mathématiques.

Quelle est votre vision de l’art ?
L’art est la plus belle forme de liberté et de sincérité. Je suis du même avis qu’Oscar Wilde concernant son but : « Révéler l’Art en cachant l’artiste, tel est le but de l’Art. » On s’efface derrière nos œuvres pour manifester quelque chose de beau et de puissant. De la même façon qu’on ne peut pas trahir ses émotions pour réaliser telle ou telle œuvre. Sinon, la crédibilité de notre travail sera remise en question.

Vous avez 24 ans et plusieurs participations à des salons nationaux. Quelle est la prochaine étape ?
Actuellement, je prépare ma première exposition individuelle. Elle sera présentée comme un journal intime et cela à travers des géométries et des graphismes. Mais la prochaine étape serait de m’améliorer continuellement chaque jour. Je pense que l’on a tous quelque chose à exploiter en nous, et ça serait intéressant de voir l’évolution de notre travail et surtout de notre technique.