Un vibrant hommage traversé de témoignages et d’anecdotes a été rendu samedi à Alger par des hommes de lettres à l’écrivain et intellectuel Merzak Bagtache disparu en janvier dernier. Organisé par les éditions Anep de l’Entreprise national d’édition de communication et de publicité cet hommage, rendu par Rachid Boudjedra, Mohamed Balhi et Mohamed Sari s’est tenu dans le cadre du premier salon national du livre qui se poursuit depuis jeudi au Palais des expositions des Pins-maritimes (Safex). L’écrivain et journaliste Mohamed Balhi a salué la mémoire d’un auteur ancré dans le «terroir algérien et dans l’universalité» en soulignant qu’il a été le «seul auteur arabophone algérien à consacrer une très grande part de son oeuvre à la mer», sa principale source d’inspiration. Mohamed Balhi a également rappelé le parcours atypique de Merzak Bagtache qui avait échappé miraculeusement à un attentat terroriste en 1993, un acte qui «ciblait en lui le symbole de l’intellectuel algérien, l’écrivain et le journaliste». Le romancier Rachid Boudjedra s’est, pour sa part, incliné devant la mémoire d’un intellectuel et un écrivain de sa génération qui «occupe une place de choix dans le paysage littéraire algérien, maghrébin et arabe». Il a également salué «l’ouverture d’esprit et l’honnêteté» de l’intellectuel malgré tout ce qui pouvait les «opposer du point de vue politique et idéologique». Rachid Boudjedra a également évoqué Bagtache le traducteur qui avait signé la version arabe de son roman «Les 1001 années de la nostalgie». Romancier, traducteur et universitaire, Mohamed Sari a pour sa part évoqué un intellectuel qu’il avait connu lors de son cursus universitaire, un parfait bilingue, un excellent traducteur et un «électron libre» d’une grande générosité qui a fait «découvrir au jeune étudiant qu’il était de nouveaux horizons littéraires». Natif d’Alger en 1945, Merzak Begtache a débuté sa carrière, comme journaliste en 1962, à l’Agence de presse Algérie presse service (APS) avant de travailler dans de nombreux quotidiens arabophones et francophones. Il aura laissé des ouvrages comme «Lorsque les gens ont faim», «Le sang de la gazelle», «Les langoustes», «restes de pirates», «La chanson de la résurrection et de la mort» ou encore «La pluie écrit ses mémoires» qui aura décroché en 2017, le Grand prix du roman Assia-Djebar. La même année, la médaille de l’ordre du mérite national au rang de «Djadir» lui a été décernée. Merzak Bagtache qui a également signé des scénarios et des textes dans le domaine de la critique s’est éteint le 2 janvier 2021. Inauguré jeudi, le premier Salon national du livre, organisé par l’Organisation nationale des éditeurs de livres (Onel) se poursuit jusqu’au 20 mars au Palais des expositions des Pins-maritimes (Safex).