Les éditions Frantz-Fanon et la librairie du Tiers-Monde ont récemment participé à la troisième édition du Salon maghrébin du livre « Lettres du Maghreb», dans la ville d’Oujda, au Maroc, qui s’est clôturée le 13 octobre dernier et ayant réussi à attirer près de 48 000 visiteurs en cinq jours, selon la presse locale. Cette manifestation littéraire, marquée par la participation des auteurs et professionnels du livre du Maghreb et des pays du bassin méditerranéen apparaît pour les observateurs comme l’occasion de renouer les liens entre acteurs de la culture du Grand Maghreb et, tout particulièrement, pour ceux du Maroc et d’Algérie. La participation des deux exposants algériens, une première du genre, est jugée «très positive» par le directeur de la maison d’édition Frantz-Fanon, Amar Ingrachen, un professionnel du livre, qui travaille, par ailleurs, à la conclusion d’accords de coéditions avec ses homologues marocains.
Après son retour en Algérie, le directeur des éditions Frantz-Fanon nous a précisé, hier, que sa participation – à l’invitation du Salon – aura été l’occasion de prendre part à des tables rondes, de présenter une partie de son catalogue mais aussi de rencontrer les acteurs du marché du livre marocain, soulignant que l’enjeu du rendez-vous étant avant tout de resserrer les liens. « Tout l’enjeu du Salon a été de construire des passerelles culturelles étant donné que nous connaissons actuellement une situation de blocage (…) En tant qu’éditeurs, nous essayons donc de promouvoir ces passerelles. L’objectif est à terme de participer à la construction du Grand Maghreb », précise Amar Ingrachen. Il ajoute également, à propos de la participation algérienne à cet événement littéraire, que «nous avons participé à deux tables rondes, la première pour la présentation d’un ouvrage de Mohammed Arkoun « l’aspect réformiste de l’œuvre de Taha Hussein ». Et la seconde rencontre, plus générale, dédiée à
« l’édition dans les pays du Maghreb et de la Méditerranée ». Il souligne que ce dernier point, et plus exactement, la relance des échanges entre les professionnels du livre des pays du Maghreb est ainsi l’objectif à atteindre, d’autant que la situation des échanges reste « difficile ». L’éditeur algérien nous souligne que «l’exportation des livres d’un pays à l’autre reste techniquement très difficile, mais cela ne veut pas dire une absence d’intérêt des Marocains ou des Algériens pour les ouvrages de leurs voisins (…) J’en tiens pour preuve que l’ensemble des livres que nous avons exposés se sont très bien vendus ». Quant à cet aspect plus « commercial » du rendez-vous, ayant permis aux éditions Frantz-Fanon de présenter une vingtaine de titres de leur catalogue, notamment l’ouvrage de Mohammed Arkoun, écoulé à lui seul à plus de 160 exemplaires. Il a également été question, explique Amar Ingrachen, d’un nouvel accord avec la maison d’édition marocaine «Croisée des Chemins», pour la publication en février prochain d’un autre texte de Mohammed Arkoun. Le directeur des éditions Frantz-Fanon, exprimant ainsi un sentiment très positif quant à l’avenir du Salon « Lettres du Maghreb ». «… Il est, à mon avis, l’un des salons les plus prometteurs et appelé à devenir l’une des plus importances manifestations du genre dans l’espace méditerranéen (…) Nous avons vu une volonté d’aller de l’avant, de dépasser les frontières entre les peuples. Et, bien sûr, nous espérons pouvoir participer à ses prochaines éditions ».