La problématique de la pièce détachée automobile n’en atténue en rien le besoin. C’est près de la moitié des automobilistes algériens qui en demandent et en redemandent au vu de l’état de leurs véhicules âgés de plus de 20 ans ! «La moitié du parc national automobile, estimé à six millions, est constituée de vieux véhicules.

Le problème qui se pose est que quand le véhicule est vieux de plus de 10 ans, le constructeur ne fabrique plus les pièces de rechange d’origine. Car ce n’est pas rentable», a indiqué, hier dans une conférence de presse à Alger, Nabil Bey Boumezrag, commissaire du Salon international de la sous-traitance et de l’après-vente automobile et des services pour la mobilité, Equip-Auto Algérie.

Lors de la prochaine édition de ce salon, qui se tiendra du 11 au 14 mars 2019 au Palais des exposions, Pins-Maritimes, les organisateurs comptent sensibiliser les participants, dont les distributeurs, à fournir au marché algérien des pièces qui soient adaptées aux types de véhicules en circulation dans notre pays, et de qualité. «Aujourd’hui, le consommateur algérien fait attention à la différence des prix du même produit. Quand une pièce détachée est cédée à 50 DA chez certains détaillants, alors que chez d’autres, elle est à 200 DA, il sait que la première est contrefaite. Mais pour le sensibiliser davantage contre les risques de ces dernières, le détaillant doit jouer un rôle de consultant», estime-t-il. Les détaillants de la pièce détachée, indique-t-il, seront amenés à disparaître à moyen terme. «Bien que l’après-vente automobile soit un service importé à 90%, les distributeurs commencent à se regrouper dans des associations professionnelles en suivant le schéma européen. Dans cinq années au maximum, la distribution des pièces détachées en Algérie sera plus professionnelle», affirme-t-il.
Ce sera inévitable, selon lui, car les pays européens ne comptent plus de détaillants de pièces de rechange automobiles. «Nos distributeurs écouleront les pièces détachées directement aux centres de réparation, les garagistes notamment et non chez les détaillants. Ce qui garantira la qualité du produit et réduira l’utilisation phénoménale des pièces détachées issues de la contrefaçon», assure-t-il. Pour lui, la réparation et la maintenance sont l’avenir du secteur automobile. Un créneau, selon lui, plein de potentialités et grand pourvoyeur d’emplois.
«On ne parle que d’industrie automobile alors que c’est dans la maintenance et la réparation qu’il y a plus d’opportunités. Mais ce créneau nécessite une formation. Surtout que beaucoup de nos réparateurs éprouvent des difficultés à traiter les nouveaux véhicules, y compris ceux montés en Algérie», révèle-t-il. Lors de la prochaine édition d’Equip-Auto, justement, un espace dédié à la formation sera ouvert aux réparateurs avec la participation de l’école de formation des métiers automobiles d’Es-Senia. A cette édition, signale le commissaire de cette manifestation internationale, plus de 200 participants nationaux et étrangers ont déjà confirmé leur présence. «Seulement 20% des participants sont algériens et, surtout, représentés par des fabricants locaux de batteries et de lubrifiants. La participation algérienne, bien qu’elle soit en évolution d’année en année, reste timide en raison du non-développement des services après-vente et de sous-traitance», explique-t-il, en notant la participation d’une cinquantaine de nouveaux exposants à cette édition. Il fera remarquer, par ailleurs, qu’il y a une stagnation du niveau de participation chinoise, bien qu’elle soit toujours en tête de liste, et une évolution de 15% de la participation turque. «La participation française, quant à elle, reste timide en dépit de la présence de constructeurs automobiles de l’Hexagone en Algérie. En fait, les Français comptent sur leurs distributeurs. Ce qui est une erreur au vu de la concurrence en puissance des Chinois et des Turcs», conclut-il, en espérant attirer un peu plus de professionnels que lors de la précédente édition, à savoir plus de 10 000 visiteurs.