Par Sihem Bounabi
Mohamed Iguerb, commissaire du Salon international du livre d’Alger (Sila), a révélé que la 25e édition du Sila, qui s’est clôturée vendredi dernier après une dizaine de jours d’intenses activités, a relevé le défi de la réussite à la grande satisfaction des organisateurs.
Elle a été surtout à la hauteur des attentes des visiteurs, dont le nombre s’élève à plus de « 1,5 million, ce qui prouve que les Algériens aiment le livre et la lecture », estime-t-il.
Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, Mohamed Iguerb a rappelé que cette édition avait été organisée dans des circonstances exceptionnelles en raison du contexte de la pandémie de la Covid-19 au niveau national et international.
Il précise à ce sujet qu’en plus du défi de garantir la présence des maisons d’édition internationales et des éditeurs et écrivains, en respectant le protocole sanitaire, en termes de logistique, il fallait garantir une bonne organisation dans un délai très court de cette 25e édition du Sila. « D’habitude cela demande une préparation entre 10 à 12 mois mais malgré cette contrainte de temps très court, j’estime que nous avons réussi à relever ce défi au vu du succès de cette édition 2022 ». Déclarant que cette 25e édition est une « édition exceptionnelle », le commissaire du Sila précise qu’elle a enregistré la participation « de plus de 1 250 maisons d’édition, dont 266 algériennes, 324 arabes et 660 étrangères, représentant 36 pays ». Il ajoute que « plus de 50 activités culturelles ont également été organisées sur les thématiques historiques et littéraires suivies de riches débats qui ont connu un véritable engouement auprès des visiteurs ». Mohamed Iguerb tient à mettre en exergue le fait que cette édition a également été marquée par la présence de familles accompagnées d’enfants représentant 60 % des visiteurs et qui s’est traduite par une forte affluence au niveau du pavillon consacrée aux éditions dédiées à la littérature jeunesse et aux plus jeunes.
Concernant les ouvrages et les publications les plus prisées durant ce Sila 2022, Mohamed Iguerb déclare qu’il a été constaté « un fort intérêt des lecteurs pour les romans et les publications littéraires mais également pour les publications universitaires et les ouvrages académiques, scientifiques et techniques».
Le premier responsable du Sila a rappelé que lors de ce Sila, les éditeurs ont baissé les prix de leurs ouvrages suite à la décision du président de la République Abdelmadjid Tebboune, qui a exonéré toutes les maisons d’édition, algériennes et étrangères, des frais de location. « C’est ce qui a clairement contribué au succès de cette édition et contribuera à encourager les Algériens à l’achat de livres. »
Le commissaire du Sila 2022 souligne aussi que cette édition a été une véritable bouffée d’oxygène pour les éditeurs algériens, après des moments très difficiles dans le contexte des impacts de la pandémie. En ajoutant : «On espère que cela va contribuer à donner un nouveau souffle aux éditeurs et aux écrivains et un nouvel élan pour l’amélioration du secteur de l’édition en Algérie. »
Abordant les difficultés que rencontrent les éditeurs algériens, il cite notamment la cherté et le manque de papier ainsi que de nombreux autres éléments nécessaires au métier d’éditeur, comme les plaques et l’encre. Il annonce à ce sujet qu’au niveau du ministère de la Culture « des efforts sont en train d’être déployés avec d’autres ministères pour baisser les taxes sur ces produits destinés au secteur de l’édition».
Par ailleurs, concernant l’utilisation des nouvelles technologies et le lancement pour la première fois d’une plateforme numérique interactive, le commissaire du Sila souligne que « la plateforme numérique et l’application créée pour la première fois à l’occasion de cette édition ont enregistré une grande affluence et interaction de plus de 100 000 personnes et permis à beaucoup de ceux qui n’avaient pas la chance de se déplacer au Salon d’acquérir des livres ».
A propos de l’organisation de la prochaine édition de la manifestation culturelle, Mohamed Iguerb explique que la prochaine édition du Sila est prévue pour l’automne 2023.
Il annonce ainsi que le Sila retrouvera sa période habituelle entre la fin du mois d’octobre et début novembre, expliquant que « cette période a été déterminée suite à une étude du terrain qui prend en considération les agendas des salons internationaux du livre à travers le monde, ainsi que la période des vacances scolaires et universitaires ». n