L’Algérienne des Autoroutes (ADA), qui participe au 18e Salon international des travaux public (SITP) qui a ouvert ses portes hier au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Safex/Alger), n’a pas lésiné sur les moyens afin de mettre en avant les missions qui lui sont dévolues entre autres l’entretien et la maintenance de l’Autoroute Est-Ouest.
Or, cette agence fait l’objet ces dernières semaines de nombreuses critiques au sujet de la dégradation avancée de plusieurs tronçons notamment celui sur l’axe Bouira-Alger. Mais pas seulement. Les travaux de réfection par parcelles n’en finissent plus au point d’exaspérer les usagers de cette partie de l’autoroute.
Mais c’est bien sûr les graves accidents survenus sur ledit tronçon, ces dernières semaines, et la décision de l’interdire au poids-lourds qui ont fait déborder la goutte du vase. A cet effet, Reporters de passage au stand de l’ADA a tenté de connaître l’avis de cet organisme. Selon le chargé de la communication de ce dernier, Nasreddine Beghdadi, «ce qui arrive sur ce tronçon n’est nullement dû à une mauvaise exécution des travaux initiaux. Autrement dit au non-respect des normes de réalisation des voies routières rapides mais c’est tout simplement dû à deux facteurs, un excès de trafic des poids-lourds et leur surcharge». Notre locuteur explique également que «le chape de béton et de bitume posée est conçue pour supporter des pressions de poids précis. Or cette exigence n’est nullement respectée par les transporteurs de marchandises. Ce qui au fil du temps crée des crevasses et autres importantes fissures sur la chaussée». Un cadre de l’ADA intervenant également sur le sujet lâchera : «On aura beau intervenir, c’est-à-dire mener des opérations de réfection, cela ne servira à rien tant que la réglementation de la circulation routière n’est pas respectée à la lettre, entre autres interdire l’accès à l’autoroute aux poids-lourds dont le tonnage en charge dépasse ce que peut supporter leurs essieux, c’est à dire leurs capacités tolérables». A ce titre, le chargé de la communication dira : «Toutes les mesures prises dernièrement pour mettre fin au non-respect des règles élémentaires de circulation routières concernant les poids-lourds deviennent légitimes». Et d’ajouter dans ce sens : «Il faut que les patrons de société de transports routiers, y compris leurs chauffeurs, comprennent qu’une surcharge dégrade la chaussée car elle ne saurait supporter une pression au-delà des normes requises.»
En guise de conclusion, notre locuteur a tenu à résumer par ses mots : «La très forte circulation des poids-lourds et le non-respect de la charge maximale ont considérablement affecté la viabilité de nos grand axes routiers.» Faut-il savoir dans la foulée que l’Autoroute Est-Ouest a été conçue pour accueillir 100 000 véhicules /jour alors qu’elle enregistre, actuellement, plus de 200 000 véhicules.
Interrogé sur le projet du système de péage sur l’Autoroute Est-Ouest, Nasreddine Beghdadi a reconnu que si certains travaux d’exécution ont avancé dans d’autres «ils accusent du retard». Qu’elle en est la cause ? Selon le responsable, «c’est en partie dû au départ de la société détentrice d’une part de marché en raison de la crise sanitaire mondiale qui a prévalu». Ce faisant il confie : «L’ADA fait en sorte que les retards soient rattrapés au plus vite. C’est d’ailleurs sa seconde priorité après la réfection de tous les tronçons dégradés au niveau de l’autoroute» a-t-il conclu.
Soulignons enfin à propos des travaux de réalisation du dernier tronçon de l’Autoroute Est-Ouest reliant Dréan (El Tarf) et les frontières tunisiennes, de 84 km, confiés à l’entreprise chinoise CITIC Construction Sarl, que le taux d’avancement est appréciable. C’est ce qu’a révélé la chargé de communication de CITIC à Reporters lors de son passage à son stand.
Pour le détail, cette dernière affirme : «Nous avons livré à ce jour 50 km dans l’attente du reste prévu pour la fin de l’année de 2023 si tout se passe bien.» Expliquant, compte tenu de spécificité de la nature des sols dans cette région classée «zone humide», il devient «difficile d’avancer une prévision sur la livraison totale dudit tronçon. Mais nous restons optimistes quant au délai de réception du projet». n