Le Salon international de l’huile d’olive, process et dérivés de l’olivier, a ouvert hier, ses portes au Palais des expositions, Pins Maritimes, Safex, à Alger.

Pour Chérif Omari, directeur de la régulation et du développement de la production agricole au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, l’Algérie entend accompagner les professionnels afin de satisfaire la consommation locale et viser l’exportation. Sur ce registre, Omari a rappelé que deux produits agricoles locaux ont été labellisés, à savoir la datte Deglet Nour de Tolga (Biskra) et la figue de Beni Maouche (Béjaîa). «Nous tablons en ce moment sur la labellisation de l’olive de Sig (Mascara)», a déclaré le directeur au ministère de l’Agriculture tout en soutenant que 147 000 hectares ont été consacrés à la culture de l’olive, notamment à travers les steppes au sud du pays et des Hauts-Plateaux. « La branche de l’olive est un segment important.
Le gouvernement a tracé un programme de développement pour le secteur agricole en général et la branche oléicole en particulier. L’olive a une histoire en Algérie, et est un produit qui fait partie du mode de consommation de la population. Elle est en fait un gisement très important en matière de création d’emploi et de diversification de l’économie nationale», a également expliqué Omari. De son côté, le directeur du Salon, Samir Gani, n’a pas manqué de faire mention des défis auxquels font face les producteurs. « Il faut donner à l’olivier la valeur qu’il mérite », a-t-il déclaré, évoquant sur ce registre que « les Journées scientifiques qui se déroulent en parallèle au Salon, se doivent d’être l’occasion de soulever les contraintes du secteur et de dégager des solutions pertinentes en vue de l’essor de la branche oléicole». Cependant, et à travers quelques déclarations recueillies auprès des exposants, il ressort que les producteurs font d’abord face à « la concurrence déloyale de l’huile d’olive étrangère ». A ce propos, ils réclament des mesures protectionnistes mais aussi un soutien plus appuyé de la part des pouvoirs publics. Toutefois, et en dépit de ces aléas, les candidats à l’investissement sont à l’affût, saisissant ce Salon comme une occasion de nouer des rencontres B2B et de prospecter les possibilités d’investir. L’indisponibilité de la main-d’œuvre mais aussi les vergers laissés à l’abandon par leurs propriétaires, ont également été soulevés. Il a aussi été fait état de la persistance de certains fellahs de s’en tenir à une méthode archaïque de trituration et de conservation de l’olive. Le Salon international de l’olive, process et dérivés se tient sous le thème générique «Pour un développement économique et durable du secteur oléicole». Selon les statistiques officielles, l’Algérie n’exploite que 18% de l’olivier, laissant 82% de sous-produits de ce dernier s’évaporer dans la nature. Le Salon qui lui est consacré présentement se veut une vitrine, à la conquête d’un marché international. Il faut dire que le secteur est déjà en pleine expansion puisque la superficie consacrée à l’olivier représente un tiers de la superficie arboricole. Les Algériens consomment annuellement 500 000 tonnes d’huile, dont 10% d’huile d’olive avec une consommation moyenne d’un litre par habitant et par an. Le soutien à la filière oléicole constitue donc une des priorités des pouvoirs publics qui visent d’abord à couvrir définitivement les besoins du marché local. Le gouvernement algérien ambitionne également d’exporter, à l’instar de ses voisins tunisiens et marocains qui placent près de 30% de leur production sur le marché mondial. La Tunisie produit par exemple quelque 180 000 tonnes/an. Pour concurrencer les autres producteurs méditerranéens, l’Algérie devra néanmoins relever un certain nombre de défis, tels que la croissance de sa production et de ses capacités de transformation et de conditionnement, l’amélioration de la qualité de son huile par l’instauration d’un label, une organisation professionnelle de la filière oléicole ainsi qu’une amélioration de son organisation à l’exportation. L’huile d’olive algérienne déjà exportée en Europe et au Canada, certes en petites quantités, est prisée pour son goût et sa saveur. Quelque 70 exposants ont répondu présent à ce premier salon dont quelques-uns venus de Turquie, d’Italie, de Tunisie et de l’Espagne.