Le Salon international des équipements pour l’automobile ou « Equip Auto 2020 », qui a ouvert ses portes, hier, au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Safex/Alger) jusqu’au 5 courant, a été impacté par le coronavirus. En effet, l’ensemble des participants chinois, italiens et sud-coréens « ont préféré ne pas prendre part à cette manifestation, compte tenu de la propagation du coronavirus dans leurs pays respectifs », a témoigné le commissaire général du Salon, Nabyl Bey-Boumezrag, aux médias peu avant l’ouverture officielle du Salon. Toujours, selon le commissaire, « c’était d’ailleurs prévisible au vu de nombreuses annulations de grandes manifestations internationales suite à la pandémie ». Et d’indiquer : « De notre côté, cela nous a poussés à faire avec, c’est-à-dire maintenir l’organisation du Salon à la date prévue compte tenu de la confirmation de la présence de nombreuses entreprises étrangères représentant 20 pays. » Pour ce qui est du salon, selon le commissaire, l’édition 2020 sera marquée par la participation de 300 entreprises et de grandes marques. Ces dernières représentant tous les secteurs du marché de la réparation de la maintenance, des services et des activités complémentaires avec 50% d’exposants étrangers issus d’une vingtaine de pays. Tout comme le commissaire a tenu à faire savoir que parmi les exposants présents à cette édition, sont présentes des entreprises leaders dans leur corps de métier ainsi que les principaux importateurs algériens de pièces de rechange et ceux de matériels de garage de maintenance. Le commissaire ajoutera que le salon consacre tout un espace aux start-up versées dans l’équipement automobile. Des intervenants à la conférence « L’Aftermarket au service de le relance de l’industrie automobile en Algérie » se sont penchés sur la professionnalisation des acteurs du secteur de l’après-vente et de la maintenance. « C’est d’autant plus impératif quand on sait que notre parc roulant s’élève à près de 7 000 000 d’unités. Il faut une révision des dispositifs réglementaires y compris ceux relatifs aux projets industriels », a estimé l’expert en industrie automobile Mohamed Yadadène.

Le nouveau cahier des charges est positif
Ce dernier s’est aussi prononcé lors de son intervention sur l’état des lieux de l’industrie du montage automobile. Selon Yadadène, « son bas niveau résulte du fait qu’on a mis la charrue avant les bœufs », car pour cet expert, tout ce qui a été entrepris jusqu’ici ne repose sur aucune règle économique ». Pour sortir de l’impasse dans laquelle est notre jeune industrie de montage automobile, cet intervenant préconise « d’instaurer une démarche plus stratégique ». Comme il a lancé : «Il faut se débarrasser des intrus, c’est-à-dire ceux qui n’ont aucune expérience dans l’industrie du montage. » A propos du nouveau cahier des charges relatif à l’industrie du montage automobile, Mohamed Yadadène le considère comme positif et estime « que le secteur va se relancer, à condition que les prestataires s’impliquent dans cette perspective ». Dans cette optique, l’intervenant juge qu’il faudra inciter les industriels par des mesures adéquates et surtout intervenir en amont auprès des constructeurs qui peuvent entraîner des équipementiers dans l’implantation de leurs projets. Et en outre « de laisser le soin aux constructeurs de sélectionner à leur guise leurs partenaires dans les projets et surtout faire appel aux PME et PMI locales, mais à la condition que celles-ci certifient leurs productions afin que les constructeurs les adoptent. Toujours dans ce même registre des fournisseurs locaux, Saïd Mansour, patron de l’entreprise EMSG et membre influent du Club économique algérien, dira de son côté : «Il y a lieu de mettre sur pied tout une pléthore de PME se consacrant entièrement aux pièces et accessoires dont la production ne demande pas beaucoup de temps pour accompagner l’industrie automobile. »
Poursuivant que « c’est une problématique de trouver des importateurs désireux de se convertir en producteur ». Une approche que ne partage pas un autre intervenant rappelant à l’auditoire qu’avant d’être producteur, il était importateur. C’est pourquoi il suggère aux importateurs en pièces de rechanges de se « fédérer » et « d’envisager des associations pour lancer des projets dédiés à la production de pièces automobiles », a-t-il suggéré.