Abdelouahed Kerrar, président de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (Unop) et PDG de Biopharm, a exprimé, hier, sa satisfaction de la réussite de la Première édition du salon «El Djazaïr Healthcare» de l’industrie pharmaceutique, tenue à Dakar, Sénégal, du 17 au 20 mai.

Par Sihem Bounabi
Un événement marqué par la participation de 70 exposants dans le domaine de l’industrie pharmaceutique et parapharmaceutique, ainsi que d’une importante délégation accompagnant le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Benbahmed, dont des représentants des secteurs de la banque, des transports et des assurances ainsi que des entreprises scientifiques et professionnelles.
Abdelouahed Kerrar a tenu à souligner qu’El Djazaïr Healthcare «est la première manifestation depuis l’Indépendance d’une filière spécialisée organisée par l’Algérie à l’extérieur». Il enchaîne qu’après «être arrivé à couvrir une grande partie du marché interne du médicament, l’objectif était de faire connaître l’Algérie comme pays exportateur avec un changement de statut. On est passé d’un pays qui importait la quasi-totalité de ses besoins en médicaments à un pays qui couvre les deux-tiers de ses besoins avec un surplus de production». Estimant que «c’est ce qui a permis d’affirmer que l’Algérie dispose d’un véritable tissu industriel dans le secteur pharmaceutique».
Le président de l’Unop souligne, également, que «les Sénégalais, qui sont dans la même situation dans laquelle était l’Algérie, il y a quelques années, puisqu’il ne couvre que 10% de ses besoins en matière de médicaments, aspire à couvrir 50% d’ici 2035. De ce fait, ils sont demandeurs et veulent développer l’outil industriel».
Il souligne ainsi que le message principal a été passé, à savoir que «nous ne sommes pas de simples conquérants commerciaux, mais nous pouvons aider à sortir le pays de cette dépendance des importations en faisant un transfert technologique ainsi qu’en développant le volet de la formation et en renforçant les liens entre les universités algériennes et sénégalaises».
Abdelouahed Kerrar insiste sur ce point : «Nous avons des avantages comparatifs par rapport aux autres. Nos hôtes sont très intéressés d’autant plus qu’ils ont été ébahis par l’expérience algérienne et les chiffres du secteur pharmaceutique en Algérie.» Confirmant ces propos par le fait qu’il était agréablement surpris que «l’Algérie arrive à ce niveau de production et surtout à ce niveau de standards internationaux dans la production». Le président de l’Unop déclare, également, qu’en plus des contrats signés, «le véritable fruit de cette manifestation est l’établissement d’un plan d’actions et de suivi dans la continuité et à long terme». Il explique à ce sujet : «Nous avons pris les contacts commerciaux et économiques nécessaires, nous avons eu des rencontres avec les distributeurs et les responsables du ministère sénégalais de la Santé concernant notamment les procédures d’enregistrement des médicaments et nous avons également visité les unités de production.» Il précise toutefois que «de sérieuses discussions ont commencé, mais il faut que l’on s’inscrive dans la continuité sous la tutelle du ministère algérien de l’Industrie pharmaceutique avec tous ses contacts».
Concernant l’objectif des autorités sénégalaises pour la couverture de 50% de leurs besoins en produits pharmaceutiques d’ici 2035, le président de l’Unop confie : «On leur a assuré qu’elles pouvaient les couvrir dans beaucoup moins de temps. Les entreprises algériennes sont prêtes à les accompagner dans un cadre contractuel bien déterminé et à progressivement transférer la technologie qui leur permettra d’atteindre cet objectif. Tout en conservant nos intérêts économiques mutuels.»
Pour rappel, plusieurs conventions ont été signées lors de ce Salon entre le ministère de l’Industrie pharmaceutique et le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale, et entre les opérateurs des deux pays, en sus d’un protocole de coopération entre le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et le Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS). Cette manifestation a été marquée par la présentation de 45 exposés scientifiques reflétant l’essor et le développement du secteur pharmaceutique en Algérie en matière de production, de lois et de couverture des besoins des citoyens. Les participants se sont félicités de l’écho positif suscité par cette édition, qui était, selon le directeur de la société Tasdir, filiale de la Safex, Ali Ferrah, «un succès au vu de l’affluence des visiteurs et des professionnels des pays africains, en général, et du Sénégal, en particulier». De même, plusieurs représentants des laboratoires de médicaments se sont félicités des résultats satisfaisants réalisés en dépit de certains obstacles rencontrés liés au transport. Le président de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) pour la région Afrique, Dr. Prosper Hiag, a salué la production pharmaceutique algérienne, estimant que c’est un exemple à suivre pour les pays du continent. Il a ainsi appelé à «conjuguer les efforts pour la promotion de cette industrie afin de protéger les peuples de la région des maladies auxquelles le continent est confronté et de réaliser la sécurité sanitaire».