Lors de sa rencontre périodique avec les médias, hier, samedi, en soirée, le chef de l’Etat a annoncé une augmentation des salaires et de l’allocation chômage dès janvier prochain.

Par Kahina Sidhoum
Intervenant dans un contexte d’angoisse sociale liée à l’érosion du pouvoir d’achat – 40% selon la Fédération algérienne des consommateurs – et dans un climat d’avis de grève lancé par les syndicats de la Fonction publique, M. Tebboune a tenu à rassurer sur ses engagements à relever à nouveau le niveau de rémunération du salariat et à améliorer les conditions socio-économiques des Algériens aux revenus modestes. L’entrée en vigueur des nouvelles hausses de salaires et allocatives annoncées est prévu dès janvier 2023. Il a indiqué attendre «les résultats définitifs des recettes nationales» à la fin 2022, signalant que le coup de pouce promis aux bas et moyens salaires se fera selon le résultat des dividendes pétrolières.
De quel ordre sera cette hausse ? La réponse à la question dépendra certainement du bilan des recettes pétrolières que fera l’argentier du pays, Abderrahmane Raouya, à la fin de l’année. Toujours est-il qu’elle peut d’ores et déjà être considérée comme la marque du grand rattrapage social que le président de la République veut opérer en 2023, année décisive de son mandat. L’embellie du marché des hydrocarbures depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine permet, en effet, au gouvernement des marges qu’il n’avait pas auparavant et lui donne l’opportunité de répondre favorablement à une demande sociale qui s’est exprimée de manière accrue durant ces derniers mois sous la pression de la flambée des prix à la consommation et sous une poussée inflationniste tant interne qu’importée, surtout depuis les perturbations provoquées par le conflit en Ukraine dans les marchés des matières premières notamment agricoles. Pour les économistes, qui avaient déjà émis des réserves sur la pertinence de prélever le montant de l’allocation-chômage du trésor public, l’annonce d’une hausse des salaires, pour qu’elle ne soit pas conjoncturelle, doit être soutenue par une politique résolue des réformes économiques déjà annoncées par le chef de l’Etat, mais qui tardent à être concrétisées sur le terrain, selon l’avis de plusieurs associations patronales. Celles-ci disent «applaudir» l’initiative du chef de l’Etat d’engager la Médiature de la République dans la lutte contre la bureaucratie qui paralyse les investissements et dans le soutien aux chefs d’entreprise créateurs de richesse et d’emplois. Mais elles disent attendre une «stratégie globale» qui enverrait des «signaux» à la communauté des investisseurs nationaux et internationaux sur l’amélioration effective du climat algérien des affaires et sur son attractivité.
L’annonce par le chef de l’Etat d’un «remaniement» prochain, outre le gain politique qu’il représenterait à créer un effet de dynamique dans l’action gouvernementale, semble s’inscrire dans la logique d’une relance dans l’application des réformes qu’il a promises et de son projet à faire de 2022 l’année de l’économie, comme il a déclaré voici quelques mois. Le remaniement se fera «selon les résultats de chaque secteur», la norme étant le taux d’application des décisions prises en Conseil des ministres, a indiqué M. Tebboune. n