Plusieurs mesures seront prises en 2023 pour préserver le pouvoir d’achat, maîtriser l’inflation, renforcer la production et contrôler les prix. La réévaluation du dinar fait également partie des actions projetées par le gouvernement.

Par Khaled Remouche
Le chef de l’Etat a annoncé que l’augmentation des salaires sera annuelle. Une mesure destinée à préserver le pouvoir d’achat de la majorité des citoyens et à rattraper en partie les pertes accumulées depuis la chute des prix du pétrole en 2014, qui avait entraîné le gel de l’augmentation des salaires des fonctionnaires et du coup la stabilité de la masse salariale de l’administration.
Une décision qui avait encouragé nombre d’entreprises publiques et privées à imiter la décision des pouvoirs publics. Si on devait décoder cette décision, faites lors de son entrevue avec des représentants de la presse jeudi dernier, il convient de souligner qu’elle cible les salaires des fonctionnaires. Le secteur public et privé économique ne semble pas touché. La mesure dépend de la santé des entreprises. En revanche, par ricochet, les pensions de retraite et l’allocation chômage pour les jeunes seront revalorisées annuellement.
Précisément, le Président de la République a indiqué que l’Algérie est à la quatrième phase du processus d’augmentation des salaires. Il évoque ainsi la prochaine augmentation des salaires, des pensions de retraite et de l’allocation chômage prévue dès fin janvier prochain. Il a ajouté que l’Etat ne s’arrêtera pas à cette dernière décision de hausse des salaires. «Nous continuerons à élever les salaires. Nous poursuivrons la hausse des salaires. L’augmentation des salaires sera annuelle jusqu’à ce qu’ils atteignent un seuil particulier», a indiqué M. Tebboune qui n’a pas omis de relever que ce processus doit être accompagné par un contrôle des prix. Il a annoncé que pour soutenir cette augmentation des salaires et la préservation du pouvoir d’achat du citoyen, plusieurs mesures seront appliquées en 2023. «Plusieurs mesures seront prises en 2023 pour préserver le pouvoir d’achat, maîtriser l’inflation, renforcer la production et contrôler les prix.
Le chef de l’Etat n’a pas fourni de détails sur ces actions qui seront mises en oeuvre l’an prochain, mais il n’a pas manqué de rappeler ses engagements. «L’augmentation des salaires, la valeur du dinar et la lutte contre la spéculation constituent des engagements à respecter», a-t-il rappelé. Sur la valeur du dinar, il a affirmé que «si la valeur du dinar augmente de 30%, le pouvoir d’achat du citoyen sera renforcé». Ce qui veut dire que la réévaluation du dinar est également un objectif du gouvernement et qu’elle fait partie des actions projetées par l’Exécutif à court ou à moyen terme.

Recenser les familles à un seul revenu
Le premier magistrat a énoncé ainsi un certain nombre de précautions, de mesures à appliquer dès 2023 pour que cette hausse des salaires ne soit pas absorbée par l’inflation : l’augmentation de la production, le contrôle des prix, l’assainissement et l’organisation du commerce intérieur, la lutte contre la spéculation. En ce sens, le chef de l’Etat a évoqué la numérisation qui pourra permettre de recenser les familles à un seul revenu. «La numérisation deviendra un jour une réalité et tout sera révélé», a-t-il ajouté. Traduire : avec la numérisation, les indus bénéficiaires de l’aide de l’Etat, de l’allocation chômage seront démasqués, en l’occurrence ceux qui travaillent dans l’informel et bénéficient de l’allocation chômage.
Il a ajouté qu’en cas de concrétisation de la numérisation, des chèques seront remis pour permettre au citoyen de vivre dignement. Allusion à la mise en œuvre de la réduction des subventions sur les produits de large consommation, prévue depuis plusieurs années et inappliquée. Son application dépend, selon le chef de l’Etat, de la numérisation, c’est-à-dire dans ce cas, d’un mécanisme fiable de ciblage des ménages à revenus faibles. Une fois ce mécanisme mis en place, les bénéficiaires recevront une aide financière ou des chèques avec la mise en oeuvre de la réduction des subventions sur les produits soutenus actuellement par l’Etat tels que le pain, le lait et les carburants. Le chef de l’Etat n’a donc pas décidé de renoncer à la réduction des subventions. La mise en œuvre de cette mesure est suspendue à la mise en place d’un mécanisme de ciblage des ménages à revenus modestes. <