Le salaire net mensuel moyen en Algérie a progressé, en 2019, de 2%, pour s’établir à 41 800 dinars contre 41 000 dinars en 2018. Le secteur public paye mieux que le secteur privé, selon le constat établi par l’Office national des statistiques (ONS) d’après une enquête que ses équipes ont réalisée, en mai 2019, auprès de 700 entreprises de 20 salariés et plus (484 entreprises publiques et de 221 privées), représentant tous les secteurs d’activité hormis l’agriculture et l’administration.

Par Kahina Sidhoum
Dans le secteur public, le salaire mensuel net moyen est de 58 400 dinars et de 34 100 dinars dans le secteur privé, soit une différence de 24 300 dinars. Ce sondage de l’ONS fait apparaître qu’un cadre du secteur public touche un salaire net moyen de 88 600 dinars, son homologue du privé perçoit, lui, 73 700 dinars. Un agent de maîtrise dans le public est payé 64 100 dinars, celui employé dans le privé est rémunéré à 38 000 dinars. Un agent d’exécution dans le public reçoit un salaire de 40 100 dinars, celui exerçant dans le privé reçoit 26 900 dinars, selon l’ONS cité par l’APS.
Les salaires les plus avantageux dans le secteur public sont ceux qui sont pratiqués par les entreprises des industries extractives comme les hydrocarbures et les services pétroliers, réputées depuis longtemps pour être de bons payeurs. Les transports, les communications et les activités financières sont également présentés comme des acteurs économiques et d’entreprise où la politique salariale est considérée comme attractive. Ce n’est, en revanche, pas le cas pour le bâtiment et les services.
Ainsi, dans les industries extractives, le salaire net moyen est de 108 500 dinars, dans les transports et les communications, il est de 59 600 dinars, tandis que dans l’activité financière, il avoisine les 58 400 dinars. Dans les secteurs de la construction, le salaire net moyen est de 37 900 dinars, dans les hôtels et restaurants, il est de 36 300 dinars, ce qui représente une fourchette assez basse par rapport à la dégradation actuelle et progressive du pouvoir d’achat.
Dans le privé, les meilleurs salaires, selon l’enquête de l’ONS, sont pratiqués par le secteur des finances (75 200 dinars), la santé (46 300 dinars) et le commerce et réparation (44 400 dinars). Les activités les moins payées dans ce secteur sont les industries extractives (26 800 dinars), l’immobilier et les services aux entreprises (29 400 dinars), ainsi que la construction (30 800 dinars). Si les rémunérations restent faiblement attractives dans le privé, elles semblent évoluer plus rapidement que dans le public, 2,28% contre +1,8% entre 2018 et 2019. «Globalement et par qualification, cette évolution est de +1,28 % pour les cadres, +1,46 % pour les agents de maîtrise et de près de +3% pour le personnel d’exécution», indique-t-on.
Pour les cadres du secteur public, la hausse de salaire en 2019 par rapport à 2018 est de 1,17% pour les agents, 1,62% pour les agents de maîtrise et 2,67 pour les agents d’exécution. Pour les cadres du privé, la hausse est de 1,41%, pour les agents de maîtrise 1,26 %, tandis que pour les agents d’exécution elle est de 3,07%.

Les primes, plus de la moitié des salaires
L’enquête de l’ONS fait ressortir que pour le public comme pour le privé, le salaire est composé à hauteur de 59% de primes et indemnités. Dans le secteur public, le salaire de base représente 46% du salaire brut. Pour certains secteurs, la part du salaire de base est plus importante, tels que l’activité financière et le secteur des hôtels et restaurants avec, respectivement, 55% et 53%. Dans le secteur privé, le salaire de base représente 65% du salaire brut. La part du salaire de base est plus importante dans les secteurs des activités financières (84%) et des hôtels-restaurants (77%).
Les activités pétrolières (production et services d’hydrocarbures) et financières (banques et assurances) demeurent ainsi les secteurs qui payent le mieux avec des salaires mensuels de, respectivement, 107 600 dinars et 61 200 dinars, suivis par les secteurs de la production et distribution de l’électricité du gaz et eau avec 47 142 dinars et de la santé avec 46 300 dinars.
Les salaires nets moyens mensuels dans les secteurs de la construction, de l’immobilier et services aux entreprises enregistrent les niveaux les plus faibles avec, respectivement, 32 000 dinars et 35 000 dinars. Cela est dû, selon l’ONS, «à une proportion très importante de la catégorie agents d’exécution dans l’emploi total de ces secteurs d’activité, d’une part, et à une forte présence de l’emploi informel, d’autre part». Deux facteurs qui tirent le salaire moyen de ces secteurs vers le bas.
Par qualification, le salaire net moyen en 2019, tous secteurs confondus, est de 81 000 dinars pour les cadres, 48 900 dinars pour le personnel de maîtrise et 30 000 dinars pour les agents d’exécution.
Par secteur et qualification, les niveaux les plus importants du salaire moyen des cadres sont enregistrés dans les secteurs des industries extractives (131 440 dinars) et de la Santé (97 900 dinars), selon l’ONS, précisant, toutefois, que son enquête concernait uniquement les structures de santé du secteur privé, alors que celles du secteur public (services non marchands) ne sont pas incluses. Le salaire net moyen des cadres du secteur du commerce et réparation est de 87 300 dinars, suivi par celui des transports et communication avec 74 100 dinars et des industries manufacturières avec 72 000 dinars. L’office relève, par ailleurs, que les salaires moyens les plus faibles des cadres sont enregistrés dans les secteurs des hôtels et restaurants (67 800 dinars) et celui de la construction (63 600 dinars).
Pour les agents de maîtrise, le salaire net moyen dans les activités extractives est de 102 600 dinars contre 37 300 dinars dans le secteur de la construction.
Quant aux agents d’exécution, le salaire net moyen est de 74 500 dinars dans les industries extractives contre 24 700 dinars dans celui de la santé. Selon l’ONS, «la qualification du salarié, le secteur juridique, la taille de l’entreprise ainsi que les spécificités de rémunération sectorielles des entreprises de certains secteurs sont les éléments les plus discriminants du niveau des salaires».