Le nouvel administrateur du groupe ETRHB appartenant à Ali Haddad multiplie les réunions avec les représentants des sections syndicales du groupe, en vue de répondre aux préoccupations des employés qui n’ont pas touché leurs salaires depuis 8 mois, alors que l’avenir des unités est plus qu’incertain. Cependant, la succession des réunions depuis la nomination d’un nouvel administrateur est loin de susciter l’optimisme chez les travailleurs.
En effet, après la réunion tenue le 29 janvier dernier entre le nouvel administrateur du groupe, Mustapha Chaïbi, et les représentants des différentes sections syndicales, une autre est prévue aujourd’hui au siège de l’ETRHB avec la participation des responsables administratifs du groupe et ses filiales. Contacté par nos soins, M. Chaïbi a d’emblée nié « la nouvelle » selon laquelle il sera procédé « bientôt » au payement de trois mois de salaire sur les huit impayés. « Rien d’officiel dans ce sens », nous a-t-il déclaré. Précisant qu’il a été davantage question d’un engagement pour un surcroît d’efforts en quête d’une solution à la situation que vivent les travailleurs du groupe depuis bientôt trois trimestres. Il sera question à l’occasion de cette réunion de « s’entendre sur un plan de sortie de crise qui ne pénaliserait pas les travailleurs », a souligné une autre source au sein du groupe.
Du côté des travailleurs, on ne semble pas trop y croire, même si on reste attentif à d’éventuels rebondissements dans le dossier. « Je ne suis pas optimiste quant à une issue favorable qui préserverait les intérêts des travailleurs», nous déclare Boutaghou Mohamed, fonctionnaire au sein du groupe ETRHB et syndicaliste. « Je ne pense pas qu’il puisse faire avancer le traitement du dossier sans le juge d’instruction à qui revient le pouvoir de décision », ajoute le même syndicaliste, selon qui un « déblocage de la situation passe inévitablement par une décision de justice ». Après l’incarcération d’Ali Haddad, le groupe ETRHB a fait l’objet de gel de ses avoirs et comptes bancaires. Le fonctionnement du groupe a dès lors cessé au vu qu’aucun paiement de salaires ou autre dépense n’ont été assurés. Et c’est dans la finalité de faire survivre le groupe à l’incarcération de son propriétaire qu’il a été procédé à la désignation d’un administrateur pour assurer la continuité de la gestion du groupe
ETRHB.
Au mois d’août dernier, faut-il le rappeler, un comité intersectoriel ad-hoc, institué par l’ancien Premier ministre Noureddine Bedoui, avait convenu de la nécessité de la désignation d’administrateurs qualifiés pour assurer la continuité de la gestion des entreprises privées, objet de mesures conservatoires. C’est suite à cette décision qu’a été désigné un administrateur du groupe en la personne de Larbi Remili, dont le bilan n’a pas été du goût des travailleurs qui ont opté pour une action de rue fin janvier en tenant un rassemblement devant le siège de la Centrale syndicale. «Nous nous inquiétons pour le devenir de notre outil de production. Au-delà du versement des salaires, nous demandons la pérennité de l’outil de production sous n’importe quelle forme que les pouvoirs politiques et judiciaires décideront», ont souligné des travailleurs protestataires. « Remili était chargé de superviser les activités de l’entreprise, de contrôler les flux financiers et les approvisionnements dans le cadre des mesures d’urgences prises par le gouvernement, conformément aux lois et réglementation en vigueur, pour sauvegarder le groupe dont le patron Ali Haddad est incarcéré depuis avril dernier. Mais aucune évolution n’est à signaler depuis », s’indignaient, le 22 janvier, des travailleurs du groupe. Cette manifestation n’avait pas tardé à provoquer un changement d’administrateur avec la désignation, le 27 janvier, de M. Chaïbi en remplacement de M. Remili. Un changement qui semble avoir donné lieu à une succession de réunions sur l’avenir professionnel des travailleurs du groupe estimé à 5 400 salariés directs et 14 000 employés indirects.