Le président du Conseil de la nation, Salah Goudjil, a reçu hier, l’ambassadeur de France à Alger, François Gouyette, dans ce qui représente, à bien des égards, un symbole d’un processus de dégel des relations diplomatiques algéro-françaises et qui intervient à la veille de la célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie.

PAR NAZIM B.
Les échanges entre les deux responsables ont été une opportunité pour «aborder plusieurs sujets relevant de l’histoire et de la politique qui intéressent les deux pays», a indiqué un communiqué de la chambre haute du Parlement, ajoutant qu’il a été également question de «la coopération parlementaire» appelée à se développer sur la base du protocole d’entente signé en 2015 entre les Sénats des deux pays.
M. Salah Goudjil a mis à profit cette rencontre pour mettre en exergue auprès de l’ambassadeur de France «le caractère multidimensionnel des relations algéro-françaises (sur le plan humain, commercial et économique), et leur efficacité découlant de leur dimension méditerranéenne».
Le président du Conseil de la nation a mis en avant, selon la même source, l’importance de renforcer la coopération en ce qui concerne les mécanismes à travers lesquels sont traitées les questions de la mémoire, qui est «un élément essentiel» sur la voie du «développement des relations entre les deux pays selon un équilibre des intérêts».
Le président du Conseil de la nation a mis en valeur, dans ce contexte, «la conscience dont a toujours fait preuve le peuple algérien qui a toujours fait le distinguo et évité de faire l’amalgame entre le peuple français et la colonisation française de l’Algérie, et ce, depuis la Glorieuse Révolution de novembre 1954».
Il a en outre, souligné que l’Algérie nouvelle, que M. Abdelmadjid Tebboune, président de la République, veille à jeter les fondements, œuvre à «la consolidation de l’indépendance de sa décision politique, son confortement et son renforcement avec une réelle indépendance économique», ajoute la même source.
Les deux parties ont également abordé les questions régionales et internationales d’intérêts communs, citant la situation qui prévaut en Libye, au Mali et au Sahel, ajoutant que M. Goudjil a «réitéré le soutien de l’Algérie» à la cause du peuple palestinien et au droit du peuple sahraoui à son autodétermination conformément à la légalité internationale. Il a en outre rappelé l’attachement de l’Algérie au principe de non-alignement, comme une des constantes de la politique étrangère algérienne, et au règlement pacifique des conflits.
Pour sa part, le diplomate français a fait part de la «volonté» du chef de l’Etat français à «poursuivre» le travail entamé avec son homologue algérien, en traitant «tous les obstacles» sur le chemin du rapprochement et de la «coopération» entre les deux pays.
Les deux parties ont enfin convenu de poursuivre la concertation et la coordination, afin de hisser le niveau des relations entre les Parlements des deux pays au meilleur niveau possible, dans le but d’accompagner le processus de coopération entre les Gouvernements des deux pays, conclut le communiqué de la chambre basse du Parlement. <