L’annonce, à l’issue du dernier Conseil du gouvernement, relatif à l’ouverture des aéroports fermés, a mis du «baume» dans le cœur des agences de voyages, implantées dans le sud du pays. Pour ces dernières, cette annonce est probablement une première étape vers la réouverture du transport aérien interne. «Nous espérons que les lignes aériennes internes soient rouvertes le plus tôt possible afin que les opérateurs de voyage puissent rattraper la saison saharienne 2020-21 après le fiasco de la précédente. Les destinations du Grand-Sud en dépendent», indiquent des opérateurs de voyage du Sud.
Bien qu’aucune agence de voyage ne soit en faillite pour l’instant dans cette région, toutes traversent une mauvaise passe à l’instar de celles du Nord du pays. «Mais il est vrai que les opérateurs dans le Sud sont plus résistants. Ils sont en difficulté depuis une dizaine d’années. Certes, la crise sanitaire a mis du sel sur la plaie, mais ils survivront malgré tout», assurent des opérateurs à Tamanrasset. Au niveau de cette wilaya, signalent les opérateurs de voyages, les campings et les infrastructures hôtelières ont rouverts, espérant que des touristes viendraient des régions avoisinantes. «Des petits groupes de jeunes se sont déplacés du Nord jusqu’à Tamanrasset par route et par leurs propres moyens pour passer des séjours d’une semaine. Ils ne sont pas nombreux mais ils font travailler quand même les hôtels et les campings ainsi que les propriétaires de 4×4. Sans oublier les agences de voyages qui se chargent de l’organisation des séjours de bout en bout», font-ils savoir, signalant que la demande sur Tamanrasset par les nationaux et par les étrangers est très forte. A Illizi, par contre, c’est le black-out. «Toutes les agences de voyage sont fermées à Illizi, y compris à Djanet. Il n’y a pas de raison qu’elles ouvrent tant que le transport aérien est fermé. Tant que la situation n’est pas claire, nous ne pouvons proposer aucun programme dans cette région, même pour les fêtes de fin d’année», déplore Mohamed Kali, représentant de Aredj Tours, implantée à Illizi.
A défaut du Grand-Sud, des agences de voyages dans le Nord proposent des courts séjours dans les régions sahariennes accessibles par route, telles que Ghardaïa, Taghit et même Timimoune. «Ce sont les seules options qu’on peut se permettre pour l’instant. Nous proposons aussi des séjours dans d’autres régions côtières jusqu’au mois de décembre. Grâce à la convention signée avec le Groupe d’hôtellerie, de tourisme et thermal (GHTT), nous bénéficions de remises jusqu’à 20% sur les tarifs dans les hôtels publics. Surtout si nos groupes dépassent les 20 personnes», explique Nacera Hamani, gérante de l’agence de voyages en ligne Revervalgérie».
Ces séjours, indique-t-elle, permettent aux opérateurs de se maintenir sur le marché et de fidéliser les clients, même si, en termes de rentabilité, les bénéfices tirés ne sont pas très importants. «Parfois, on est perdant sur la ligne. Surtout quand le groupe ne dépasse pas sept personnes. Nous louons les bus à des prix forfaitaires, entre 50 000 et 70 000 DA. Même si nous ne transportons qu’une seule personne à bord, le prix de location du bus ne change pas», signale-t-elle. Pour toutes ces raisons, confie-t-elle, les bénéfices tirés couvrent à peine les charges et les salaires des employés. «Tant que la fermeture du transport aérien est maintenue, c’est la seule option possible. Même le pèlerinage de l’Omra ne peut figurer dans nos programmes tant que l’aérien est suspendu», conclut-elle. n