L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est engagée à renforcer ses opérations dans la région du Sahel « où l’insécurité grandissante a contraint un nombre croissant de personnes à fuir leurs foyers ». «L’urgence est ici, dans le Sahel, là où les gens souffrent, sont tués, où les femmes sont violées, où les enfants ne peuvent pas aller à l’école », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, qui a conclu jeudi une visite de trois jours qui l’a menée en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso.
Le Haut-Commissaire, cité par un communiqué du HCR, souligne que la communauté internationale doit intervenir au Sahel avant que « cette crise ne devienne ingérable ». « Alors que l’insécurité gagne du terrain, il est essentiel d’éviter le risque d’une déstabilisation de la région de l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble », a plaidé M. Grandi.
 Dans la région, les attaques aveugles commises par des groupes armés et des factions terroristes contre les institutions de l’État, les forces de sécurité, les écoles et les centres de santé se succèdent à une « fréquence alarmante », précise le HCR. Selon l’agence des Nations Unis, ces attaques exacerbent les tensions sociales existantes et la pauvreté généralisée, alors même que les communautés locales sont souvent les premières à y répondre.
« Au Sahel, le Haut-Commissaire a pu écouter des « récits bouleversants » au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso. Filippo Grandi a été témoin de récits douloureux sur les menaces que les populations ont endurées de la part de groupes armés qui les ont obligées à quitter rapidement leurs villages en n’emportant que les vêtements qu’ils portaient », souligne le communiqué.
Par ailleurs, « le chef du HCR est d’avis qu’au Sahel, la réponse à la crise ne doit pas se limiter aux seules questions sécuritaires », ajoute le communiqué. Le HCR dit « intensifier sa réponse humanitaire au Sahel mais souligne qu’elle ne doit pas se faire au détriment d’autres crises régionales ».
Jeudi, cinq corps sans vie ont été découverts dans le village de Kombteguia dans la commune de Bourzanga dans le centre-nord du Burkina Faso, a rapporté l’Agence d’information du Burkina (AIB). « Les cinq personnes qui sont toutes de sexe masculin ont été tuées à l’arme blanche par des individus non identifiés probablement dans la nuit du 5 au 6 février », a précisé l’AIB. Selon la même source, quatre victimes sont des habitants de Souriboulsi et le cinquième de Sam, deux villages de la commune de Bourzanga. La commune de Bourzanga (centre-nord) qui accueille plus de 45.000 déplacés internes, est en proie à des attaques terroristes depuis plusieurs mois.
Le centre-nord du Burkina Faso, à l’instar de plusieurs autres régions du pays, est en proie aux attaques terroristes qui ont fait de nombreuses victimes et des milliers de déplacés.