L’Observatoire des ressources naturelles du Sahara Occidental (WSRW) a salué la décision de l’Union Européenne (UE) de respecter le « statut séparé et distinct» du territoire du Sahara occidental dans ses importations d’énergie en provenance du Maroc.

L’ONG a félicité dans un communiqué le «changement dans la position de la commission européenne vis-à-vis du Sahara Occidental parce qu’auparavant, elle déclarait systématiquement que le Sahara Occidental était administré de facto par le Maroc». Le Commissaire européen chargé de l’action pour le climat et de l’énergie, Miguel Arias Canete, a en effet déclaré dernièrement que l’UE tiendra désormais compte, selon le droit international, du statut « distinct et séparé » du territoire du Sahara occidental dans ses échanges avec le Maroc en matière d’énergie renouvelable. L’ONG rappelle que Canete est un ancien ministre espagnol de la pêche, qui a fait une grande campagne en faveur de l’accord de pêche UE-Maroc appliqué dans les eaux du Sahara Occidental. Malgré cette «première reconnaissance» de l’indépendance du territoire sahraoui du Maroc, le WSRW manifeste son inquiétude quant à l’application de cette décision pour les futurs projets énergétiques marocains prévus sur le sol sahraoui occupé. Il «ne ressort pas clairement» de la déclaration de Canete, comment l’énergie développée dans les territoires occupées pourrait être évitée dans la pratique, si le Maroc reliait les centrales énergétiques du territoire avec son propre réseau », souligne l’ONG. WSRW rappelle que le 17 novembre, l’Espagne, le Portugal, la France et l’Allemagne, ont signé une déclaration avec le Maroc pour la coopération future en matière d’énergie renouvelable, par conséquence, ces Etas membres de l’UE envisageaient l’importation d’énergie propre du Maroc dans un proche avenir alors qu’une «partie importante» des centrales d’énergie renouvelable prévues et opérationnelles sont situées dans le territoire du Sahara Occidental que le Maroc occupe illégalement depuis 1975, dénonce l’observatoire.
Il précise que le Maroc prévoit qu’en 2020, plus d’un quart de l’ensemble de l’énergie verte de production du Maroc serait situé au Sahara Occidental, ce qui risque de prolonger la colonisation et «compliquera davantage le processus de paix déjà ardu», affirme WSRW.