Revenu dans le giron de l’Organisation panafricaine depuis janvier 2017 lors du Sommet d’Addis-Abeba, après 24 années d’absence, le Maroc tente, désespérément, de combler ses revers internationaux et de se redéployer par une mainmise sur l’organisation continentale.

Acculé sur le plan international, notamment, après la remise en cause des traités commerciaux avec l’Union européenne et voulant précéder la volonté affichée de l’envoyé spécial de l’ONU, Horst Köhler, d’impliquer l’UA dans le règlement du conflit sahraoui, le Maroc semble vouloir faire de l’organisation continentale son nouveau terrain de manœuvres. L’ayant quitté en 1983, pour protester contre la présence de l’organisation Polisario représentant la République arabe sahraouie (RASD), reconnue comme Etat membre, le royaume marocain, a pourtant fini par la réintégrer, reconnaissant de fait… la République sahraouie. Parallèlement à ce retour, le Maroc n’a pas cessé de mener une politique africaine dont il espère faire un tremplin dans sa stratégie
d’«hégémonie» et de sa politique de «leadership» face à l’Algérie, enchainant, notamment, les tournées et les partenariats à travers les pays du continent et adhérant à la Cedeao, pour devancer les développements à venir. Une politique dont le fin mot était d’arriver à contourner l’écueil de l’Acte constitutif de l’organisation qui reconnaît la RASD en tant que membre à part entière, car, il était prévisible dès l’annonce de sa réintégration que cette question allait, tôt ou tard, se poser. Et c’est peut-être de ce côté, qu’il faudrait chercher une signification à ce premier projet de réforme institutionnelle de l’Union, élaboré par son Conseil exécutif dans le cadre du processus de réforme engagé par le président en exercice, Paul Kagamé. Un projet qui pourra voir d’autres surgir dans les années à venir. Ce projet de réformes, adopté hier et consacrant «l’application du principe de rotation régionale», permettra, à ne pas en douter, au royaume marocain par son application d’accéder à des postes de commandes au sein de l’organisation d’où il essayera de ratisser autour de sa politique qui vise l’exclusion de la RASD. La position de l’Algérie réitérée lors de ce sommet par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et qui tranche sans équivoque en faveur du maintien du socle fondateur de l’Union, seule à même de prévenir toute tentative de remise en cause du statut et de la présence de la RASD. Une position qui s’inscrit en droite ligne de la politique algérienne vis-à-vis de ce conflit, mais aussi dans l’esprit du message du président de la République au souverain marocain lui réitérant la volonté de l’Algérie de travailler à «l’ancrage de relations bilatérales basées sur le respect mutuel». Des relations qui ne sauraient, cependant, inclure la question sahraouie, comme souhaité par le souverain marocain lors de son appel adressé à l’Algérie pour lui proposer la création d’un «mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation».