Le peuple sahraoui a célébré hier le 41e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), avec une détermination à poursuivre sa lutte pour son droit à l’auto-détermination.


Malgré les conditions d’exil inextricables et les moyens limités, l’Etat sahraoui a pu édifier ses institutions nationales. Lorsque le fondateur du Front Polisario, Mustapha El Wali Sayed, a annoncé, en 1976, la proclamation de la RASD, il a fait part de la volonté des Sahraouis « à vivre indépendants sur la totalité de leur territoire », a rappelé Brahim Ghali, président de la Rasd et secrétaire général du Front Polisario qui a présidé les festivités officielles dans les camps de réfugiés sahraouis de Smara, à Tindouf. Monté sur la tribune en treillis, M. Ghali a rappelé que son pays ; membre fondateur de l’Union africaine (UA), bénéficie du respect et de la reconnaissance de plusieurs Etats. Une tribune aussi afin de dénoncer le Maroc, qui fait fi des résolutions onusiennes, « par ses dépassements répétés et son arrogance», entravant ainsi le processus de paix. «Jusqu’à présent, le Maroc refuse que l’envoyé spécial de l’ONU rende visite aux territoires occupés». Des actes que le SG du Polisario considère comme des «provocations». A cet effet, il endosse au Maroc la responsabilité de toute escalade. L’allusion à la situation dans la région de Guerguerat est directe, et M. Ghali ne manque pas d’avertir sur les conséquences de la présence militaire marocaine sur un territoire « illégitime ». D’ailleurs, il a estimé que l’annonce par le Maroc de faire reculer de quelques centaines de mètres ses troupes de Guergarat relevait d’une violation du statut même de ce territoire et de l’accord de cessez-le-feu conclu depuis 1991 dans le cadre du plan règlement ONU-Afrique. Il a affirmé que cette annonce n’était q’une « manoeuvre et une diversion». Pour M. Ghali, la situation actuelle et tout ce qui en découle est de la responsabilité du seul Maroc du fait de ses pratiques colonialistes qui mettent en péril non seulement le cessez-le-feu mais aussi la paix, la sécurité et la stabilité dans toute la région. Pour rappel, disant vouloir lutter «contre la contrebande », l’armée marocaine avait entamé mi-août près de cette localité la construction d’une route goudronnée au-delà de son mur de défense, une barrière de sable qui marque la frontière du Sahara occidental sous contrôle marocain. Selon une source diplomatique sahraouie, « le Maroc a voulu que son activité commerciale se poursuive au niveau de cette zone qu’il qualifie de maillon faible pour le Makhzen». M. Ghali a rappelé que l’Etat espagnol en tant que puissance administrante du Sahara occidental doit aussi assumer sa responsabilité pour ce qui est de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination.
Il a appelé la France à jouer un rôle historique en tant que membre permanent du Conseil de sécurité en appuyant notamment l’option démocratique pour le règlement du conflit plutôt que de s’obstiner dans son parti pris en faveur des thèses colonialistes. Sur un autre volet, il a appelé à la mobilisation de la communauté internationale pour la libération des prisonniers politiques de Gdeim Izik.