La question du Sahara occidental sera inscrite, pour la première fois, comme un «point à part et séparé» des autres questions à l’ordre du jour du 31e Sommet de l’Union africaine (UA), a indiqué, vendredi dernier à Nouakchott, le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek.

«Ce sommet est un tournant important pour la question du Sahara occidental, car c’est la première fois qu’elle est inscrite à l’ordre du jour du sommet comme un point à part et séparé des autres questions», a-t-il indiqué dans une déclaration à l’APS.
La question du Sahara occidental ne sera pas traitée dans le cadre «général et global des conflits», a-t-il précisé, expliquant qu’elle sera abordée et débattue au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, lesquels recevront pour la première fois également un «rapport exclusif et séparé» sur cette question. Ce document a été élaboré sous la conduite du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, à l’issue de sa tournée régionale au début du mois de juin et en vertu d’une résolution du sommet de l’UA, de janvier dernier à Addis-Abeba, demandant au Maroc et au Polisario de négocier en vue de résoudre le conflit. «Nous attendons qu’un débat se déroule après la publication du rapport du président de la Commission de l’UA, marquant ainsi un tournant décisif dans le traitement de la question du Sahara occidental par l’UA», a déclaré le chef de la diplomatie sahraouie, ajoutant que «le Maroc a toujours tenté de dessaisir l’UA de cette question». Ce qui, apparemment, semble être un échec.
Mohamed Salem Ould Salek explique que le Maroc ayant signé et ratifié l’acte constitutif de l’UA (Lomé, 11 juillet 2000), il lui est «interdit d’usurper les territoires d’autrui». Le ministre, qui faisait allusion aux articles 3 et 4 de l’acte, a estimé que le sommet de Nouakchott «servira à rappeler à l’ordre, une nouvelle fois, le Maroc et ceux qui sont derrière lui, qu’il s’agit d’une question africaine, dont nul ne peut en dessaisir» l’UA. Le dossier du Sahara occidental promet de belles batailles diplomatiques dans la capitale mauritanienne. Le Maroc ne manquera pas de mobiliser ses soutiens au sein de l’Union pour défendre ses thèses.
Les indépendantistes sahraouis feront de même et s’y préparent depuis des mois déjà. Le voyage effectué par le président de la Rasd en Afrique australe (Namibie, Lesotho, Botswana et Afrique du Sud) avait pour objectif de mobiliser les dirigeants de ces pays favorables à l’indépendance du Sahara occidental en perspective du sommet panafricain.