Les travaux de la 6e conférence internationale d’Alger sur le droit des peuples à la résistance, le cas du peuple sahraoui, ont pris fin hier à Alger avec des recommandations pour le règlement de la question sahraouie.

Les participants ont adressé notamment un appel à l’Union européenne à laquelle ils demandent de faire une « enquête sur l’exploitation illégale » des ressources sahraouies par le Maroc. Ils appellent Bruxelles au «respect du droit et de la légitimité internationale » par l’application des décisions de la Cour de justice de l’UE de décembre 2016 et de février dernier, deux décisions ayant déclaré le territoire sahraoui comme territoire distinct et séparé du Maroc.
Ils interpellent également la «communauté internationale» pour qu’elle apporte une «contribution efficace » d’aide aux camps de réfugiés des Sahraouis à Tindouf et de «soutien actif » à l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler.
Parmi les autres recommandations phares de la conférence d’Alger, une pétition signée par les forces et les personnalités solidaires de la cause sahraouie sera lancée et diffusée auprès du secrétaire général de l’ONU ainsi qu’auprès d’autres instances onusiennes, au sein des organisations de l’Union africaine, des pays de l’UE ainsi qu’au sein d’espaces multilatéraux pour demander le règlement juste de la question sahraouie et d’organiser un référendum d’autodétermination. Pour sa part, l’ambassadeur de la Rasd à Alger, Abdelkader Taleb Omar, a mis en garde contre les reports incessants des résolutions onusiennes et panafricaines. Ce dernier dénonce également les entraves marocaines au processus de règlement du confit ainsi que les campagnes d’arrestations des militants sahraouis des territoires occupés, demandant également à Rabat de « libérer » les prisonniers politiques et de mettre terme au blocus imposé aux médias.
M. Taleb Omar dénonce également le pillage des ressources sahraouies et de mettre en garde contre toute volonté de le contourner. Il demande à l’Espagne, qui est administrativement responsable du territoire sahraoui, d’assumer ses responsabilités des souffrances du peuple sahraoui et de la France qu’elle défende la légitimité internationale.
L’ambassadeur de la Rasd à Alger a, par ailleurs, valorisé le rôle que joue l’UA, et lui demande d’imposer au Maroc le respect de l’Acte constitutif de l’UA et les frontières héritées au lendemain de l’accès à l’indépendance. Sur un autre volet, et après une visite de trois jours dans les camps de réfugiés à Tindouf, Zwelivelile Mandela a marqué la conférence internationale d’Alger par sa participation. Le petit-fils de Nelson Mandela, membre du parlement panafricain, et le président de la République sahraouie Brahim Ghali se sont donnés l’accolade sous les applaudissements de centaines de participants.
Pour sa part, la présidente du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Benzerrouki Fafa Sid Lakhdar, a demandé que la déclaration universelle des droits de l’homme soit respectée et que le «colonialisme », l’une des pires atteintes aux droits de l’homme, a-t-elle déclaré, soit condamné. Co-organisée par le Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS) et l’ambassade de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à Alger, la Conférence d’Alger se veut une occasion pour exiger l’application rapide de la résolution 1514 de l’ONU relative au droit des peuples à l’autodétermination ainsi que pour briser l’embargo médiatique imposé par l’occupation marocaine aux populations sahraouies dans les territoires occupés et encourager, par là même, les médias à se rendre dans les territoires occupés. Elle a permis, en outre, l’échange entre les personnalités pour « réaffirmer le droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même, affirmer et proclamer le droit du peuple sahraoui à résister à l’occupation marocaine». L’objectif étant aussi d’«assurer plus de visibilité politique » et de «résonance médiatique» à la cause sahraouie, auprès des médias occidentaux notamment.