Le Conseil de la paix et de la sécurité de l’Union africaine (CPS) a appelé, jeudi 18 mars, le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de s’engager dans des «pourparlers directs» et sans «conditions préalables» en vue de parvenir à un «règlement définitif» du conflit au Sahara Occidental.

Par Anis Remane
Il demande aux deux parties de «cesser immédiatement les hostilités et d’engager le dialogue, de créer un environnement propice à des pourparlers directs et francs, sans aucune condition préalable et conformément à l’article 4 de l’Acte constitutif de l’UA et aux dispositions pertinentes du Protocole relatif au CPS». Se déclarant «préoccupé» par l’impasse persistante dans laquelle se trouve le processus politique engagé sous les auspices des Nations unies, l’organe décisionnel de l’organisation africaine rappelle, dans le communiqué final de sa réunion du 9 mars au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, rendu public jeudi, que le plan de paix onusien devait «parvenir à une solution politique mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental».
Tout en reconnaissant le rôle «crucial» de l’ONU dans l’exercice de sa responsabilité de trouver une solution durable à la crise, le CPS a exhorté le Secrétaire général de l’ONU à accélérer la nomination d’un nouvel envoyé personnel, qui va travailler en «étroite collaboration avec l’UA, conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies et du cadre UA-ONU pour un partenariat renforcé dans le domaine de la paix et de la sécurité». Ainsi, et en signe de nouvel engagement de l’organisation panafricaine de tenter de chercher une issue politique et pacifique au conflit du Sahara occidental, le CPS a demandé au Secrétaire général de l’ONU de charger le Conseiller juridique des Nations unies de fournir un avis juridique sur l’ouverture de consulats dans le territoire. Il a également appelé les trois Etats africains, actuellement membres du Conseil de sécurité, d’appuyer cette initiative.
Le Kenya, le Niger et la Tunisie sont invités à défendre la position de l’UA auprès du Conseil et «faciliter la coordination» entre le Conseil de paix et de sécurité africain et le Conseil de sécurité des Nations unies. Il s’agit de rappeler entre autres l’impératif de relancer la mission de la Mission onusienne sur place, la Minurso, en désignant un envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU. Depuis la démission de l’Allemand Horst Köhler, en mai 2019, il n’y a pas eu de remplaçant. Une situation qui incite les dirigeants sahraouis de la RASD à douter de la volonté des Nations unies de débloquer le processus de règlement du conflit. Par ailleurs, l’organe décisionnel de l’organisation africaine prévoit également une série de mesures pour la réactivation du rôle de l’UA, notamment à travers la mobilisation du CPS, la réouverture du Bureau de l’UA à Laâyoune, l’organisation d’une visite sur le terrain. Ses décisions sont, selon les observateurs, un signe que l’UA entend s’acquitter de ses responsabilités sur le conflit du Sahara occidental «en examinant la situation au Sahara occidental le cas échéant, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement»
Se déclarant «préoccupé» par l’impasse persistante dans laquelle se trouve le processus politique engagé sous les auspices des Nations unies, le CPS a tenu à rappeler que le plan de paix onusien devait «parvenir à une solution politique mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental». <