Vendredi, 30 octobre, le Conseil de sécurité a décidé de proroger pour une durée d’un an le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Sa résolution a obtenu treize voix contre deux abstentions (la Russie et l’Afrique du Sud).

Jusqu’en 2017 inclus, le mandat de la Minurso était renouvelé par cycle de 12 mois. En avril 2018, les Etats-Unis avaient obtenu un renouvellement semestriel, l’idée était que la Mission devait soutenir les bons offices de l’Envoyé spécial du Secrétaire général et qu’un renouvellement plus court était un moyen de démontrer la détermination du Conseil en ce sens.
Lors de la séance de vote, plusieurs membres du Conseil ont appelé le Secrétaire général à désigner sans tarder un nouvel Emissaire au Sahara occidental pour succéder à l’ancien président allemand Horst Kohler. Dans son nouveau rapport sur la situation au Sahara occidental, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guteress, a affirmé qu’une solution politique juste permettant l’autodétermination du peuple sahraoui était « possible ». « Je demeure convaincu qu’il est possible de trouver une solution à la question du Sahara occidental, malgré la suspension du processus politique depuis la démission de mon envoyé personnel, Horst Kohler, pour raisons de santé », déclare le chef de l’ONU.
M. Guterres a jugé « impératif » d’entretenir le processus politique en relation avec le dossier sahraoui. Il s’est dit « déterminé » à nommer un nouvel émissaire pour progresser sur la base des acquis obtenus lors des discussions de Genève. Il a appelé à la reprise du processus politique « de bonne foi et sans conditions préalables » dès la nomination d’un nouvel envoyé personnel. Néanmoins le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, Sidi Mohamed Omar, a soutenu récemment que le Front Polisario n’attend rien de nouveau de ces consultations du Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la Minurso, expliquant que les consultations ne rapportent rien de nouveau par rapport à la session de l’année dernière au cours de laquelle le mandat de la mission de l’ONU a été renouvelé pour une nouvelle année. Le diplomate sahraoui a déclaré que l’absence d’un émissaire de l’ONU ne sert pas le processus politique qui est dans un état de paralysie complète depuis la démission de Horst Kohler en mai dernier.

Le Polisario déplore
Vendredi dernier, au soir, le Front Polisario a affirmé à nouveau n’avoir d’autres choix, suite à la prorogation par le Conseil de sécurité du mandat de la Minurso, que d’« intensifier le combat libérateur national et le recours à tous les moyens légitimes pour permettre au peuple colonisé de recouvrer son droit à l’autodétermination ». Dans un communiqué, le Polisario déplore que la résolution de prolongation du mandat de la mission onusienne « ne contient pas de mesures concrètes permettant à la Minurso de mener à bien la mission pour laquelle elle a été créée en 1991, à savoir l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui ». « En approuvant une nouvelle résolution qui manque de mesures pratiques pour faire avancer le processus de paix et permettre à la Minurso d’accomplir pleinement son mandat, le Conseil de sécurité a opté, encore une fois, pour l’atermoiement malgré les dernières tensions survenues au Sahara Occidental », a ajouté la même source.
Inscrit depuis 1966 dans la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU, portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique. n